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Cinerama - Nouvelle publication : Take Shelter

Photo de cinerama

cinerama

Description :

Une introduction, deux paragraphes d'analyse, et une conclusion avec avis personnel de l'auteur : le nouveau modèle critique du blog, qui reprend du service à raison d'une critique toutes les deux semaines, publiées le 1er et le 15 de chaque mois.

Critique du 15 janvier 2012 : Take Shelter.

Voir aussi le blog d'Antoine: theroad.canalblog.com


Top 2012 :

1 - Millenium, les hommes qui n'aimaient pas les femmes
2 - Une vie meilleure
3 - Take Shelter
4 - The Descendants

Top 2011 :

1 - La Grotte des rêves perdus
2 - Melancholia
3 - Drive
4 - True Grit
5 - Les Neiges du Kilimandjaro
6 - Tomboy
7 - Une séparation
8 - L'Exercice de l'Etat
9 - L'Apollonide, souvenirs de la maison close
10 - La Piel que habito
11 - Carnage
12 - Inside Job
13 - The Artist
14 - Le Havre
15 - La Guerre est déclarée
16 - A Dangerous Method
17 - Le Skylab
18 - Habemus Papam
19 - Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
20 - Impardonnables
21 - Polisse
22 - Minuit à Paris
23 - B.A.T (Bon à tirer)
24 - Les Contes de la nuit
25 - Les Marches du pouvoir
26 - Ici, on noie les Algériens
27 - Toutes nos envies
28 - Le Discours d'un roi
29 - Les Bien-aimés
30 - La Fille du puisatier
31 - La Conquête
32 - Un heureux évènement
33 - Intouchables
34 - Poulet aux prunes
35 - Animal Kingdom
36 - Somewhere
37 - Beur sur la ville
38 - La Guerre des boutons
39 - L'étrange histoire Angelica
40 - Et soudain, tout le monde me manque
41 - La Nouvelle guerre des boutons
42 - La Croisière

Top 2010 :

1 - Copie conforme
2 - Fantastic Mister Fox
3 - Des hommes et des dieux
4 - The Social Network
5 - La Princesse de Montpensier
6 - La vie au ranch
7 - White material
8 - Kick-Ass
9 - Le Nom des gens
10 - Vénus noire
11 - A cinq heures de Paris
12 - Tournée
13 - Mammuth
14 - Inception
15 - Brothers
16 - L'arnacoeur
17 - Alice au pays des merveilles
18 - Lola
19 - Fatal
20 - When you're strange
21 - Nannerl, la soeur de Mozart
22 - Potiche
23 - Night and day
24 - Greenberg
25 - Tamara Drewe
26 - In the air
27 - Gainsbourg, vie héroïque
28 - Les Secrets
29 - Toy Story 3
30 - Homme au bain
31 - Le Bruit des glaçons
32 - Bébés
33 - Robin des Bois
34 - Nine
35 - L'italien
36 - La Tête en frîche

?? - Film Socialisme

Top 2009 :

1 - Louise-Michel
2 - Le Petit Fugitif
3 - The Wrestler
4 - Inglorious Basterds
5 - Bellamy
6 - Brüno
7 - L'enfer d'Henri-Georges Clouzot
8 - Démineurs
9 - Là-haut
10 - Gran Torino
11 - Un prophète
12 - Etreintes Brisées
13 - Che, 1ère partie: L'argentin
14 - Whatever Works
15 - OSS 117 : Rio ne répond plus
16 - Le Bal des actrices
17 - Coraline
18 - Les Noces Rebelles
19 - Les Beaux gosses
20 - Public Enemies
21 - Lascars
22 - Harvey Milk
23 - Michael Jackson's This is it
24 - Slumdog Millionaire
25 - Avatar
26 - Le Concert
27 - Very Bad Trip
28 - Walkyrie


Top 2008 :

1 - There Will Be Blood
2 - Dernier Maquis
3 - Two Lovers
4 - Hunger
5 - Control
6 - Elle s'appelle Sabine
7 - Entre les Murs
8 - Juno
9 - Appaloosa
10 - Soyez sympas, rembobinez
11 - Antifa, chasseurs de skins
12 - JCVD
13 - Burn after reading
14 - Sans arme, ni haine, ni violence
15 - Vicky Cristina Barcelona
16 - La Naissance des Pieuvres
17 - Eldorado: Création
18 - Mesrine - L'instinct de mort
19 - Bons Baisers de Bruges
20 - Valse avec Bachir
21 - La Fille de Monaco
22 - Agathe Cléry
23 - Mesrine - L'ennemi public n°1
24 - La Nouvelle Vie de Mr.Horten
25 - Indiana Jones & le Royaume du Crâne de Cristal
26 - No Country for old men
27 - Un barrage contre le Pacifique
28 - Les Grandes Personnes
29 - It's a free World
30 - Eldorado
31 - Bienvenue chez les ch'tis
32 - La Fièvre de l'Or
33 - Actrices
34 - Go Go Tales
35 - Française
36 - Seuls Two
37 - MR 73
38 - Astérix aux Jeux Olympiques

Top 2007 :

1 - Lady Chatterley
2 - La Graine et le Mulet
3 - Le Mariage de Tuya
4 - My Blueberry Nights
5 - Boulevard de la Mort
6 - L'Assassinat de Jesse James
7 - Southland Tales
8 - Un baiser s'il vous plaît
9 - Persépolis
10 - Lumière Silencieuse
11 - De l'autre côté
12 - Les Promesses de l'ombre
13 - La Vie des Autres
14 - Un Jour sur Terre
15 - 4 mois, 3 semaines et 2 jours
16 - Sicko
17 - Les Climats
18 - Boarding Gate
19 - 300
20 - Breath
21 - Blood Diamond
22 - Borat
23 - Les Méduses
24 - Spider-Man 3
25 - Caramel
26 - La Vengeance dans la Peau
27 - Chacun son cinéma
28 - Smiley Face
29 - Angel
30 - La Fille Coupée en deux
31 - Le Rêve de Cassandre
32 - L'ami de la famille
33 - Et toi, t'es sur qui?
34 - Import / Export
35 - Azul
36 - Un coeur invaincu
37 - La Môme
38 - L'ennemi Intime
39 - Pirates des Caraïbes 3: Jusqu'au bout du monde
40 - XXY
41 - Pingpong
42 - Les Lip, l'imagination au pouvoir
43 - Transformers
44 - La Soledad
45 - Pleasure Factory
46 - El Asaltante
47 - Volevo Solo Vivere
48 - En avant, jeunesse!

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  • Take Shelter (Jeff Nichols, 2012)
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  • Polisse (Maïwenn, 2011)
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Vol 93 (Paul Greengrass)

Vol 93 (Titre original: United 93)

Réalisé par Paul Greengrass - 2006 - USA - Couleur - 1heure 45minutes - Sélection Officielle Hors Compétition Cannes 2006

Avec Khalid Abdalla, Gary Commock, JJ Johnson, Thomas Roberts...

Citation du film: "Vous allez où?" "Moi, je prend le vol 93 pour rentrer chez moi voir ma femme Christina et ma fille. Elle a onze mois."



Résumé: le 11 septembre 2001, le vol 93 de la compagnie United Airlines s'envole vers San Francisco. Pendant ce temps, les contrôleurs aériens suspectent de mystérieux faits sur leurs écrans radars: certains avions se sont brutalement écartés de leur destination, et ne répondent plus aux appels envoyés par la tour de contrôle. Soudain, ils apprennent en regardant la télé qu'un avion disparu s'est écrasé sur la tour Nord du World Trade Center. Mais pendant ce temps, le vol 93 est également détourné par quatre terroristes, qui veulent crasher le Boeing sur la Maison-Blanche...


Critique: après "Bloody Sunday" et "La Mort dans la peau", Paul Greengrass revient avec son film-évènement chaleureusement accueilli au Festival de Cannes. Evanouissements, crises de larmes, de nerfs: les équipes médicales du Festival ont eu du boulot.

Programmé génétiquement pour casser la baraque au box-office américain, "Vol 93" est effectivement la sensation absolue de Cannes 2006: projeté l'avant-dernier jour, sous un battage médiatique infernal, les places se sont arrachés encore plus vite que pour "Babel" et "Marie-Antoinette". Une question se pose maintenant: va t-il connaître le même destin en France, et provoquer tant de réactions?

Assurément, non: même si ces terribles attentats nous concernent tous, il est clair que l'impact émotionnel sera décuplé pour les familles de victimes, les gens particulièrement sensibles et les Américains pure souche. En tant que misérable français s'étant rendu au Kinépolis le plus proche pour le voir, j'ai eu du mal à m'émouvoir pour cette représentation assez spéciale (mais c'est déjà un grand mérite: elle aurait pu être quelconque, ç'aurait été pire) du 11 septembre; en tout cas pas au point de m'évanouir.

Je peux comprendre néanmoins que les plus émotifs soient bouleversés (le fait de savoir que c'est une histoire vraie et de savoir aussi que toutes les personnes vues à l'écran vont mourir n'arrange rien), car le parti a été pris de retranscrire la réalité (supposée) des évènements, sans favoriser un personnage en particulier: tous sont égaux devant la catastrophe - et donc devant la mort. Il n'y a pas de héros, mais des victimes (les passagers du vol 93) et des témoins (les aiguilleurs du ciel).

Et il faut bien admettre que la machine tourne bien: même si le début est un petit peu long (il ne se passe rien), l'intensité grimpe avec le temps pour aboutir à son paroxysme lors du détournement de l'avion. En revanche, l'alternance continuelle entre la tour de contrôle et le Boeing en vol finit par lasser un peu, et laisse le sentiment que Greengrass ne s'est pas trop foulé pour trouver des lieux propices au déroulement de l'action. Cela permet de ne pas sortir du but du film, certes, mais ça finit par lasser et étouffer.

Le scénario, lui, est correct, même si les répliques sont bien américaines et traduisent parfaitement la psychose liée au terrorisme. Il y a par trop de manichéisme, qui se traduit par une caricature grossière des fanatiques (ils ne disent que le mot "Allah" et font peur rien qu'à voir - figurez-vous, monsieur le réalisateur, les terroristes peuvent être des gens normaux physiquement) et une exagération de l'émotion dans l'avion: tout le monde appelle sa famille, dit "Dis à ma famille que je les aime, etc...", et ce à sept reprises - deux ou trois fois seraient mieux passées.

Alors pourquoi tant d'engouement pour ce polemic-movie filmé à l'épaule et sans tentative d'originalité? Pour la fin, tout simplement: magistralement filmée et mise en scène, la prise d'otages dans l'avion est incroyablement tétanisante. On en frémit sur notre siège, tant on se sent rattrapé par l'Histoire, sentiment encore renforcé par la musique héroïque qui ne sonne - et c'est surprenant - pas du tout cliché. La fin - que l'on connaît - arrive à point, et, brutale, violente, nous enterre vingt fois plus que nous le sommes déjà.

Radical, terrassant, le verdict est sans appel: "Vol 93" passe du chiant, au supportable, puis du supportable au magnifique: il y a une force terrible qui ressort de la vérité des faits, et de la manière crue dont ils sont représentés. Voilà du beau travail, en attendant le second et très attendu "World Trade Center" d'Oliver Stone.

Critique de Cyril

La note: 14,5 / 20

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#Posté le samedi 29 juillet 2006 01:10

Modifié le lundi 16 février 2009 07:25

Superman Returns (Bryan Singer)

Superman Returns

Réalisé par Bryan Singer - 2006 - USA - Couleur - 2heures 34minutes

Avec Brandon Routh, Kate Bosworth, Kevin Spacey, Eva Marie Saint...

Citation du film: "Les Romains étaient les plus puissants parce qu'ils construisaient des routes, les Anglais étaient les plus puissants parce qu'ils construisaient des bateaux, les Etats-Unis sont les plus puissants parce qu'ils ont...des bombes atomiques."

Le film est dédié "avec humilité et respect" au grand Christopher Reeve et sa femme. Cette critique aussi.



Résumé: depuis cinq ans, la Terre va mal: Superman a disparu. Catastrophes en tous genres se multiplient. Clark Kent (Brandon Routh) retrouve son job de journaliste au Daily Planet avec sa collègue Lois Lane (Kate Bosworth), qui vient de recevoir le Prix Pulitzer pour son article "Pourquoi le monde n'a plus besoin de Superman". Mais le terrible Lex Luthor (Kevin Spacey) a déniché quelques morceaux de kryptonite avec de très mauvaises intentions. Sous la menace de l'apocalypse totale, il est grand temps pour Superman de refaire surface...


Critique: Bryan Singer, devenu super-réalisateur ultra-bankable après "X-Men" Volume 1 et 2, et considéré grâce à son "Usual Suspects" comme l'un des plus doués en polars de sa génération, prend les commandes de ce projet à 230 millions de dollars, et confie la vedette à un sinistre inconnu.

Quel audacieux pari: alors que les noms les plus improbables se bousculaient (Tom Cruise, Nicolas Cage, Colin Farrell...) pour le rôle-titre, Singer fait un gracieux pied de nez à la pression exercée par les studios hollywoodiens et prouve ainsi qu'il est le maître à bord. Libre de ses choix artistiques et techniques. Cela promet donc un nouvel opus de l'homme d'acier portant "la patte" de son surdoué de réalisateur. Pour en revenir rapidement à son choix du héros, il est incontestable: Brandon Routh s'impose bien en Superman, joue avec retenue et sans cabotiner. Avec sa gueule de jeune premier, il ne bouffe pas l'écran et laisse de la place à ses camarades de jeu. Balèze quand on interprète le plus grand super-héros de tous les temps.

Les autres sont également bons, même si Kate Bosworth est parfois un peu trop nunuche sur les bords, et qu'un personnage second rôle m'a bien agacé à un moment. Mention spéciale au superbe Kevin Spacey, drôle, fantaisiste, sans pitié et très inspiré en Lex Luthor. Comme quoi, c'est dans les vieilles marmites qu'on fait les meilleures soupes.

L'exploit du film est toutefois d'avoir ressuscité le genre, en gardant effets spéciaux titanesques et esprit rétro-kitsch typique de Superman. On retrouve le caractère cliché et ridicule de certaines scènes (un mec qui tombe du 346ème étage d'un immeuble, et qui se fait rattraper en vol à deux mètres du sol), ainsi que le côté simplet du scénario: une situation de crise, un méchant, un sauveur, une bagarre, une fin heureuse. Sans aucune complexité narrative, on croise des séquences d'amour, de bagarres, d'humour...un cocktail 100 % Hollywood mais qui fonctionne à merveille, grâce à l'imagination débordante de Singer et à sa réalisation esthétiquement irréprochable.

Superman, pour proche qu'il soit des humains, n'en fera jamais partie: c'est ce que le réalisateur de X-Men (qui s'y connaît en super-héros) va démontrer dans ce cinquième épisode. Il constate sans pouvoir y remédier que le monde, comme l'indique l'article de Lois Lane, tourne sans lui, qu'il n'est plus si indispensable que ça. Pire, que celle-ci a trouvé l'homme de sa vie: il est donc seul, malgré sa force surhumaine et sa capacité à voler. Et Singer l'illustre parfaitement, en nous proposant des scènes féeriques où Superman vole dans les airs en tenant son élue dans les bras, pour lui offrir un panorama de rêve en cadeau. Avec grâce, il survole la ville et pose sur chacun des habitants son regard bienveillant...avant de se confronter à ses propres soucis.

Ses soucis sont en la personne de Lex Luthor, le plus bad des méchants (je le préfère à Dark Vador ou à Joker), qui, tel un mégalomane (le cliché est connu, mais c'est fait exprès), veut créer un nouveau continent. De cette opposition bien-mal très manichéenne et simple, naît un film sans failles techniques ni dérapages narratifs. Peut-être un peu trop simple? Oui, mais c'est ce qui fait le charme des films Superman, donc bien joué Bryan Singer: le projet était pharaonique, et votre science du sobre-extravagant a su mener à bien deux heures trente-quatre de pellicule.

L'apparition tant attendue de Marlon Brando (qui prête sa voix au film), le repêchage du bateau coulé, les sauvetages héroïques par dizaines...Superman est effectivement le plus grand des héros (et oui, ce n'est pas Action Man), et ce brillant long-métrage lui rend un bel hommage, ne trahissant ni les précédents, ni la BD d'origine. Un coup d'éclat rare, une excellente surprise.

Critique de Cyril

La note: 16,5 / 20

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#Posté le vendredi 28 juillet 2006 09:57

Modifié le lundi 16 février 2009 07:25

A boire (Marion Vernoux)

A boire

Réalisé par Marion Vernoux - 2004 - France - Couleur - 1heure 38minutes

Avec Edouard Baer, Emmanuelle Béart, Atmen Kelif, Marina Foïs...

Citation du film: "Un océan nous sépare? Et bien cet océan, je vais le boire."



Résumé: Inès Larue (Emmanuelle Béart), une charmante femme qui vient de se faire larguer par son fiancé avec une note d'hôtel de 12000 euros à payer, Pierre-Marie Archambault (Edouard Baer), un médecin alcoolique en cure de désintoxication, et Seb Abd Al Abbas (Atmen Kelif), un pauvre mulhousien s'étant cassé le bras au bout de deux heures de ski, ont tous un point en commun: ils auraient bien besoin d'un verre. Mais comment repartir à zéro un 29 décembre, à 2800 mètres d'altitude, par -12 °C?


Critique: Marion Vernoux, cinéaste indépendante iconoclaste, réunit Baer et Béart dans un projet pour le moins farfelu où l'on boit, boit, et reboit. L'alcool réunit les hommes, c'est sa devise. La preuve en images (dans le film) et par écrit (dans ce qui suit).

Seb, Pierre-Marie et Inès sont trois estropiés de la vie, qui, dans leur misère, se rabattront sur la solution la plus simple: boire. En effet, tous souffrent - différemment - et voient en leurs problèmes une voie sans issue; d'où l'idée qu'il n'y a plus rien à faire, sinon se torcher méchamment la tronche. Mais avec leurs problèmes, ils nous en posent aussi à un certain moment, notamment: pourquoi une comédie avec des pochetrons désespérés, ou encore, pourquoi ce manque de déplacements géographiques dans le film (on reste du début à la fin dans une station de ski, qui ne me semble pas bien grande), qui finit par étouffer?

Car c'est triste à dire, mais le plan a été gentiment foiré, la faute à l'ambition trop poussée de vouloir - à la manière de Jeunet ou des frères Coen - tirer du rire là où l'on ne peut pas. Je ne dis pas non plus que le scénario n'arrache aucun sourire et qu'il n'y a pas une ou deux répliques sympathiques (comme par exemple cette trouvaille mythique que prononce Edouard Baer, un peu saoul au bar: "ah, Mouloud, viens-là, mon ami" Celui-ci répond: "Euh, non, moi c'est Seb!" "Mais c'est pas grave, venez tous les deux!"), mais en ce qui concerne le comique de gestes et les imitations de bourrés, on a déjà vu beaucoup mieux.

De plus, la photographie est assez sale, trop peu travaillée, et laisse franchement une impression de nonchalance de la part de la réalisatrice, qui ne s'est pas escrimée à nous composer des plans dignes de Mizoguchi ou de Kubrick, mais plutôt - excusez-moi - de nous chier de vulgaires panoramiques ou de stupides travellings caméra à l'épaule, qui comme les ivrognes sur l'écran, donnent envie de vomir. La mise en scène, elle, est à peu près correcte, bien que trop peu énergique par moments (on s'endort, c'est loooooong...). En revanche, l'aspect positif (très positif même) est la bande originale composée par Bogue, un groupe de rock que j'avoue ne pas connaître, qui livre des morceaux instrumentaux de qualité, à mi-chemin entre The Offspring et Neil Young (le mélange paraît débile, je sais).

La seule consolation (et elle est de taille, car vu la note que j'accorde, c'est clair que ça a tout sauvé) est l'interprétation, qui relève du génie par endroits. De Yves Verhoeven, en manager-dandy-sado-maso, qui fait hurler de rire rien qu'à sa tête, à Edouard Baer, célèbre pour son jeu d'improvisation et sa répartie hors du commun, qui impressionne de bout en bout, en passant par ma (presque) actrice préférée, la belle Emmanuelle Béart (qui ne trahit pas sa réputation!) que vous pourrez admirer dans le film (notamment dans la scène où elle traverse Tignes nue, enveloppée dans une peau de vache): tous s'entendent à merveille et s'accordent pour livrer une prestation attachante et agréable. Tous? Non! Un irréductible gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur, en la personne d'Atmen Kelif, transfuge de Canal +, qui ne sait toujours pas jouer. Apprends, mon petit.

Cela n'excusera pas l'ambiguïté tristesse-joie qui règne en maître, ni les aspects techniques désastreux. Dommage pour une idée prometteuse, avec un si bon casting. On est venu, on a vu, on a bu, on a été déçus.

Critique de Cyril

La note: 12 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

Filmographie (extrait) Emmanuelle Béart:

1986 - Manon des Sources (Claude Berri)
1991 - La Belle Noiseuse (Jacques Rivette)
1994 - L'Enfer (Claude Chabrol)
2001 - 8 Femmes (François Ozon)
2003 - Les Egarés (André Téchiné)
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#Posté le vendredi 28 juillet 2006 00:55

Modifié le lundi 16 février 2009 07:25

La Cérémonie (Claude Chabrol)

La Cérémonie

Réalisé par Claude Chabrol - 1995 - France - Couleur - 1heure 53minutes - Double Prix d'Interprétation au Festival de Venise 1995 pour Huppert et Bonnaire, César de la meilleure actrice pour Isabelle Huppert en 1996

Avec Isabelle Huppert, Sandrine Bonnaire, Virginie Ledoyen, Jean-Pierre Cassel...

Citation du film: "Ce juge d'instruction, j'ai jamais pu le cerner, j'ai jamais pu savoir ce qu'il avait dans la tête. Peut-être qu'il avait rien du tout d'ailleurs."



Résumé: Sophie (Sandrine Bonnaire) est la nouvelle bonne de la riche famille Lelièvre. Travailleuse, elle dissimule néanmoins tant bien que mal un profond handicap: elle ne sait ni lire ni écrire. Repliée sur elle-même malgré les témoignages de sympathie des membres de la famille, elle se lie d'amitié avec Jeanne (Isabelle Huppert), une jeune postière qui hait les riches. Cette dernière va remonter son amie contre ses employeurs, et provoquer son renvoi...


Critique: terminés, les films Nouvelle Vague de Chabrol. Place désormais aux thrillers psychologiques terrassants: La Cérémonie est un des premiers de la longue série; et de loin pas le plus mauvais.

J'utilise ce bel euphémisme pour annoncer d'emblée (je ne le fais jamais, d'habitude) que c'est largement le meilleur Chabrol de ces dix dernières années, voire peut-être de tous les temps. Je préviens tout de suite: si vous avez apprécié "Merci pour le chocolat", "L'ivresse du pouvoir" ou les autres réalisations récentes du maître, courez à la Fnac acheter le DVD.

Notre monde - nous le savons - est fait de différentes classes sociales. Depuis des siècles, nous assistons à de multiples conflits à cause de cela. "La Cérémonie" illustre en une heure cinquante une éternité de clivages sociaux, et - comble du luxe! - fait triompher les pauvres, comme une revanche sur le destin. Ici, Sophie, incarnée par la discrète Sandrine Bonnaire, est une analphabète intégrée à la société malgré son handicap, qui va céder à la violence (et aux propositions de son amie Jeanne) sous le coup des provocations involontaires des riches. Ces derniers, rendus pathétiques et très fortement caricaturés (ils regardent Don Juan à la télé, parlent de livres...) deviennent maladroits malgré leur supériorité intellectuelle, et commettent maintes offenses à l'orgueil de cette jeune femme influençable.

Influençable car pauvre: son amie n'aura aucun mal à la façonner de sorte à ce qu'elle devienne une bête de guerre dressée pour semer la pagaille dans la vie rangée des bourgeois. Et toutes deux rêvent d'un bonheur tranquille, d'une existence stable; mais impossible, car si Sophie a bien tenté d'intégrer le monde du luxe, elle a été rattrapée par la pauvreté - en la personne de Jeanne - : preuve qu'on peut quitter la richesse pour la misère, mais pas l'inverse.

Mais bien qu'inférieure intellectuellement par son handicap, elle sait tirer profit des seules choses qui lui restent: en vivant au quotidien avec les Lelièvre, elle connaît leurs faiblesses, et peut ainsi leur mener une vie d'enfer, les empoisonner psychologiquement: bref, "Tatie Danielle" en pire (et pourtant, c'est difficile). Par ailleurs, le film démontre avec brio (mais on le savait déjà) qu'entre pauvres et riches existe, existait, et existera un fossé insubmersible.

Pour mettre en valeur le scénario adapté du roman "A Judgement In Stone" de Ruth Rendell et brillamment écrit par lui-même et Caroline Eliacheff, Chabrol utilise sa technique habituelle qui a fait son succès: des personnages qui paraissent dociles mais qui ne sont en fait que volcans bouillonnants, des cadrages cliniques qui passent au peigne fin les acteurs, les dévisagent, les explorent, et une musique classique signée Mathieu Chabrol. Fort de son expérience, il se permet même de rendre - comme dans la plupart de ses films - un hommage à son maître Alfred Hitchcock.

Bien que je ne sois vraiment pas expert en la matière, je me lance: j'ai cru reconnaître, dans "La Cérémonie", certains plans d'intérieur très carrés et générateurs d'inquiétude qui ressemblaient à ceux employés par le réalisateur de "Vertigo". Il y a également des échanges de regards entre les héros matérialisés par des inserts très courts et brutaux, lesquels sont désormais classiques, ainsi que le concept traditionnel de Hitchcock, qui déclarait: "Moins on en sait, plus on s'imagine de choses."

On attend, en effet, dans l'angoisse, l'incertitude la plus totale, de voir le dénouement. Et comme à l'accoutumée, celui-ci est inattendu (pour ne pas dire "sort de nulle part") et vient conclure un long-métrage exigeant, parfaitement maîtrisé, à l'humour noir et cynique, et au message fort et puissant. Un thriller à la fois radical et fin, qui s'avère de surcroît être un film riche en enseignements cinématographiques: Chabrol a, une fois de plus, réussi son coup. En attendant les prochains...

Critique de Cyril

La note: 17,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

Filmographie (extrait) Claude Chabrol:

1959 - Le Beau Serge
1978 - Violette Nozière
1994 - L'enfer
1997 - Rien ne va plus
2005 - L'ivresse du pouvoir
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#Posté le jeudi 27 juillet 2006 03:41

Modifié le lundi 16 février 2009 07:26

Pédale Douce (Gabriel Aghion)

Pédale Douce

Réalisé par Gabriel Aghion - 1996 - France - Couleur - 1heure 35minutes

Avec Fanny Ardant, Patrick Timsit, Jacques Gamblin, Richard Berry, Michèle Laroque...

Citation du film: "Il n'y a pas d'hétéros, juste des mecs mal dragués."



Résumé: Alexandre (Richard Berry), un PDG d'entreprise, découvre avec stupéfaction qu'Adrien (Patrick Timsit) et son amie Eva (Fanny Ardant) font partie du milieu gay. Malgré leurs différences sociales, Alexandre tombe éperdument amoureux d'elle, au grand dam de son épouse (Michèle Laroque). Deuxième souci: Eva veut devenir mère...


Critique: Gabriel Aghion, illustre réalisateur des très nuls "Absolument fabuleux", "Belle-maman", fait un véritable carton au box-office français (4,5 millions d'entrées). Dix ans plus tard, il réalise une suite avec Bertrand Blier, nommée "Pédale Dure", et qualifiable de "merde ambulante du siècle". Le premier volet était-il un brin meilleur?

Avec 4,5 millions d'entrées, je me suis dit: "Quand même, ça ne doit pas être mauvais du tout..." Et bien, si, un peu. Bien sûr, je n'ai pas loué le DVD ni même dépensé un seul centime pour aller le voir, j'ai juste regardé sa diffusion sur TF1. Et je dois dire pardon à ma télé, à qui j'ai failli mettre des coups de boule, devant cette décevante "comédie" dont on a tant vanté les mérites. "Monument culte de l'humour français" ou encore "hilarant portrait des homosexuels"; et mon ... c'est du poulet.

Un film sur les homosexuels donc. Il y en a eu beaucoup depuis l'invention du cinéma - des bons et des mauvais - et celui-là se range dans la deuxième catégorie. Trop de clichés parsèment ce défilé de personnages tous plus abrutis les uns que les autres (sauf peut-être celui de Richard Berry, qui reste regardable), trop de stéréotypes (le culturiste sado-maso de la boîte gay, le serveur teint en blond avec un string violet, la voix fluette à la Steevy...- et je pourrais continuer) pour aboutir à une vision simpliste, méprisante, irrespectueuse du milieu gay et lesbien.

Mais je cherche la petite bête: il faut savoir rire de tout. De tout, sauf de la mauvaise mise en scène, bien sûr. Dommage - comme souvent - mais seuls les intelligents peuvent devenir cons, et pas l'inverse, n'est-ce pas monsieur Aghion? Que ce soit la fin, avec la série de coups de pied dans les bijoux de famille que s'envoient les héros, ou la piteuse scène où Michèle Laroque doit faire une fellation à Timsit pour savoir s'il est vraiment gay, tout manque de tact, de subtilité, et ça finit par ne plus passer.

L'interprétation est satisfaisante, hormis Patrick Timsit, excellent humoriste au demeurant mais qui peine à imposer son Adrien homo face à Fanny Ardant, laquelle joue beaucoup plus naturellement, et surtout, sobrement. Car on peut être très drôle en restant maître de soi, tranquille, zen, plutôt qu'en gueulant n'importe quoi et qu'en surjouant le rôle déjà minable qui lui est proposé. Celui qui s'en tire le mieux est le discret Jacques Gamblin, avec sa scène de strip-tease magistrale (les Village People sont des ringards à côté) et sa bonne bouille. Les autres s'enfoncent, et vont finir par trouver du pétrole.

Dernier point: les dialogues réussis de Pierre Palmade. On a en effet droit à de jolies répliques du style "C'est drôle, vous me faites penser à quelqu'un que je ne connais pas." ou encore "On passe toutes nos journées à s'excuser d'être pédés...et nos nuits aussi." ainsi qu'à des effets de style typiques, qu'il utilise d'ailleurs dans ses spectacles. Mais ça ne suffira pas à faire passer la pilule: pour "Pédale Douce", la note sera salée.

Sacrée foirade à mon goût, il y a mieux à faire que de passer une heure quarante à voir Patrick Timsit hurler Mylène Farmer dans sa bagnole "Puisqu'il faut choisir, à mots doux je peux le dire, sans contrefaçon, je suis un garçon...". Un vrai film sur l'homosexualité, sans tabou et sans clichés: "Le Secret de Brokeback Mountain" dont la note est plus du double de celle-ci.

Critique de Cyril

La note: 7,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?
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#Posté le mercredi 26 juillet 2006 01:45

Modifié le lundi 16 février 2009 07:26

On ne devrait pas exister (HPG)

On ne devrait pas exister

Réalisé par HPG (Hervé-Pierre Gustave) - 2006 - France - Couleur - 1heure 33minutes - Sélection Quinzaine des réalisateurs Cannes 2006

Avec HPG, LZA Steyaert, Marilou Berry...

Citation du film: "Pourquoi je pourrais pas faire du cinéma traditionnel?" "C'est marqué sur ta tête que t'a fait du porno. Et ce sera ainsi jusqu'à la fin de ta vie."

- 12 ans

Accueil fait au film à Cannes: nullissime (la séance a été interrompue et les gens hurlaient de rire tant c'était mauvais)

Anecdotes de tournage: HPG trouve qu'il joue mal l'ivrogne, c'est pourquoi il boit énormément avant la scène pour "faire plus vrai". Il a même fait un coma éthylique et viré certains qui voulaient l'empêcher de vider sa bouteille de gin.

Selon son assistante, il lui aurait demandé à plus de trente reprises de faire l'amour avec lui.



Résumé: Hervé (HPG, dans son propre rôle) est un acteur porno ayant déjà participé à plus de 1000 films. En ce moment, son actualité se résume à une série hard nommée "Condoman, l'homme-préservatif" et un film sado-maso dont je ne citerai pas le nom (histoire de ne pas avoir l'administration Skyblog sur le dos!). Mais cette vie-là, Hervé veut s'en séparer: il décide, car il faut bien gagner son pain, de devenir un tragédien. Il s'inscrit au cours de théâtre, où il rencontre LZA (LZA, dans son propre rôle aussi), mais l'accueil ne sera pas chaleureux: son passé de hardeur lui colle à la peau...


Critique: Hervé-Pierre Gustave, alias HPG, est l'acteur français le plus prolifique du X. Ses meilleurs amis (et compagnons de tournage!) se nomment Marc Dorcel, Titof, Greg Centauro et Rocco Siffredi. Réalisateur d'un nombre incalculable de pornos, cet homme est la vedette de "Les mamies perverses s'exhibent dans la rue" ou encore "L'institutrice donne des cours particuliers". Il débarque à Cannes, avec sa fiancée LZA en partenaire de jeu: attention danger.

Au look ravageur (crâne rasé, tatouages, gros muscles), HPG se veut philosophe, moralisateur, et reflet d'une société en mouvement. Il s'exprime pour cela avec ses dessins, ses graffitis, ses compositions musicales, ses écrits, et ses films X. Mieux encore: la médiathèque de Paris lui a consacré une soirée spéciale, où il a dévoilé quelques bases de ce qu'allait être "On ne devrait pas exister": un ramassis filmique entre sexe hard, dialogues façon Nouvelle Vague (ça veut dire incompréhensibles, à cause des mauvaises prises de son) et morale simplette mais fort intéressante. En une heure trente, on visite le tournage d'un porno, son appartement, et ses pensées quant au monde actuel, qui, selon lui, "rejette, exclut, juste à cause de ton passé, de ta vie antérieure, alors que tu peux être cool dans le fond": voilà Jean-Claude Van Damme en hardeur.

Passons au film: cinématographique, mauvais en tous points. Pas de musique, jeu d'acteurs désastreux, prises de son (j'en ai parlé un plus haut) indignes du vingt-et-unième siècle, photographie atroce, mise en scène catastrophique (mon oncle Bernard, qui dirige le spectacle de danse de l'école maternelle de Cramouzon-sur-Garonne, aurait sûrement fait mieux que ça) et décors minables (l'appart d'HPG, la salle de théâtre...). Voilà, c'est fait. Maintenant, explications: il est évident qu'Hervé-Pierre ne s'est pas attardé sur la technique, car comme il le dit "ça sonne plus vrai". Et il n'a pas tort, car il fallait à tout prix éviter les fioritures artistiques avec un tel sujet, sous peine de s'égarer du sujet (HPG est tellement bête, vous pouvez pas imaginer). Mais il a filmé cru, dur, c'est pourquoi ça choque parfois - et certaines scènes auraient pu être évitées.

Par exemple (excusez-moi de citer une telle chose, mais c'est le film) celle où HPG éjacule sur son assistant cadreur, ou encore l'analyse du film de minuit sur Canal + (je ne vous fais pas de dessin) sont des séquences vraiment hard à voir, et elles entachent un peu la bonne marche de l'histoire, qui alterne cinéma X et théâtre. On s'y perd un peu, on ne comprend pas tout, mais vient un seuil où le cerveau ne cherche plus et dit: vas-y HPG, laisse-toi aller.

Et c'est à mourir de rire: voir cet homme, une armoire à glace d'1mètre 90 à la carrure de Stallone, ramer comme un fou pour quitter son passé et devenir "clean", est un moment de bonheur. Car c'est fait avec tant de naïveté, d'insouciance: il imagine un monde facile à vivre, où l'entraide règne en maître, mais se heurte à la "vraie" vie - les contacts avec les gens, les discussions intellectuelles...Passant son temps à boire, fumer, et tourner du X, Hervé s'enferme dans un cocon et perd des neurones, et sa semence. Encore au-delà de cette vision superficielle (même si on pénètre dans le sujet rapidement, par de fréquentes visites sur le plateau de "B.... M....... 4" - magique, la censure) de cet univers inconnu qu'est le X, une réflexion similaire est menée sur le métier d'acteur, et de surcroît, sur l'intelligence: un hardeur est-il forcément plus con qu'un acteur, et si oui, pourquoi?

Grande question. A laquelle nous n'aurons pas de réponse (enfin si, celle de HPG, mais ça compte pas), mais au moins, elle aura le mérite d'avoir été posée - et de quelle manière! Simplement, retenons qu'il est dur de sortir d'un tel engrenage, que le porno n'est qu'une décharge à épaves de la vie; et HPG est là pour nous le prouver. J'allais oublier: LZA Steyaert est une actrice charmante, et possède un charme fou: un regard digne des plus grandes, un visage aux traits quasi-parfaits, et une sorte de classe qui lui est propre. Avec plus d'expérience (dans les films normaux, bien sûr, car elle est aussi actrice X), nul doute qu'elle se fera une place dans le cinéma d'auteur français.

Néanmoins, même si on passe un bon moment et que le message sous-entendu n'est pas idiot, la réalisation est tellement calamiteuse et le scénario tellement débile que "On ne devrait pas exister" ne devrait avoir qu'un succès très confidentiel. Trop subversif et outrancier pour plaire au grand public. En attendant son prochain film (en projet, et toujours avec LZA), je suis heureux qu'HPG existe, même si il ne devrait pas.

Critique de Cyril

La note: 5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

La phrase du réalisateur: (dans Première, Juin 2006) "Si j'avais mis mes talents physiques au service du budget, j'aurais plus de jours de tournage. Mais on ne m'a pas demandé de me prostituer. Dommage."


Filmographie (extrait) HPG:

1994 - Sodoman 1, 2, 3, 4, 5 (jusqu'à 17)
2000 - Baise-moi (Virginie Despentes)
2001 - Le Pornographe (Bertrand Bonello)
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#Posté le mardi 25 juillet 2006 03:08

Modifié le lundi 16 février 2009 07:26

Taxi 2 (Gérard Krawczyk)

Taxi 2
Réalisé par Gérard Krawczyk - 2000 - France - Couleur - 1heure 25minutes

Avec Sami Nacéri, Marion Cotillard, Frédéric Diefenthal, Bernard Farcy...



Résumé: Toujours à pied, et aux prises avec un gang japonais, le gang des Mitsubishi, Emilien (Frédéric Diefenthal) fait appel à son ami Daniel (Sami Nacéri) pour arrêter les malfaiteurs...


Critique: On prend les mêmes et on recommence...moins bien que le premier. Changement de Gérard à la réalisation (Pirès est remplacé par Krawczyk), mais poursuite en droite ligne de l'histoire entamée avec le premier épisode. Littéralement boosté par les 6 millions d'entrées du premier volet, les producteurs (ou plutôt, le producteur, l'inconnu Luc Besson) ont donné carte blanche au cinéaste peu expérimenté qu'est Krawczyk, pour aboutir à une suite qui fera...11 millions d'entrées. Explications.

Etre metteur en scène d'une production "Besson-baston-bagnoles" ne s'improvise pas. "Taxi" était très bon, car l'ancien réalisateur était aussi scénariste du film, plus même, il avait imaginé à lui seul les bases de cette trilogie; d'où son aisance et sa motivation à le réaliser. Mais Krawczyk n'est en fait qu'un pauvre homme tombé en plein milieu d'un gros chantier: on lui livre un scénario (écrit par Mister Besson, ça coule de source), des acteurs, et il doit poursuivre la continuité d'une perle devenue culte. Tâche ardue, où même les plus grands s'y serient cassé les dents.

Bien que bénéficiant à nouveau des services du très bon Sami Nacéri, qui, drôle et viril à la fois, avec son charme et son sourire bright, porte tout sur ses épaules et impose son personnage avec brio, le film sauve de justesse sa peau. Marion Cotillard, bien que devenant un personnage secondaire, garde sa classe et son regard perçant et furieux, lequel lui vaudra un César pour "Un long Dimanche de Fiançailles". Chapeau également au commissaire Gibert joué par Bernard Farcy, toujours aussi bidonnant avec ses "alertes générales" ou ses "Emilien...". Néanmoins, comme le dirait la devise de Clémentine, "pour qu'un film soit un chef d'oeuvre,il faut que tout soit bon".

Exact, et d'ailleurs cette suite remplit parfaitement les conditions pour ne pas en être qualifié. Si il avait pour mission de ne pas dénaturer le premier épisode, on pourra lui dire qu'il a tenu promesse: certaines répliques sont entièrement pompées de "Taxi", voire des dialogues entiers. Bonne idée pour escroquer ceux qui n'avaient pas vu le premier, mais ils n'étaient pas nombreux, donc plantade assurée. Ensuite, les cascades demeuraient à peu près réalistes, mais ce second opus, les voitures volent, font du parachute, ou encore un tas d'autres conneries (la scène où la voiture saute de l'avion et survole Paris en parachute, ou encore celle où la 406 de Daniel sort des ailes latérales et décolle au-desus des chars, est d'une débilité consternante). Enfin, l'esprit "Marseille" du premeir est annihilé: bien que débutant dans la cité phocéenne, l'histoire se barre...à Paris, prétexte bien sûr à des gags lourdauds sur l'OM et le PSG. Bref, la mode est au business: merci, Monsieur Luc Besson.

Une suite agréable quand même, avec ses petits défauts (que voulez-vous, il n'y a que "Le Parrain 2" qui était meilleur que "Le Parrain"), que l'on regardera lors de sa vingt-huitième diffusion sur TF1 ou entre deux films de Jean-Claude Van Damme. Pas de quoi crier au chef d'oeuvre. Loin de là.

Critique de Cyril

La note: 11 / 20

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#Posté le jeudi 04 mai 2006 11:40

Modifié le dimanche 01 juin 2008 06:19

Yamakasi - Les Samouraï des Temps Modernes (Ariel Zeitoun)

Yamakasi - Les Samouraï des Temps Modernes

Réalisé par Ariel Zeitoun - 2001 - France - Couleur - 1heure 38minutes

Avec les Yamakasi...



Résumé: les Yamakasi sont une bande de sept amis vivant en banlieue parisienne. Tous sont très sportifs et partagent la même passion: le rap et grimper aux immeubles. Donnant ainsi du fil à retordre à la police, ils sont adulés par les plus jeunes, qui les prennent en exemple. Mais un jour, le petit Djamel, asthmatique, tente de les imiter et tombe dans le coma. Il ne reste qu'une solution: trouver un donneur pour un nouveau coeur, mais l'opération coûte deux cents mille francs. Les Yamakasi vont alors voler de l'argent pour financer l'intervention chirurgicale...


Critique: devenus en quelques mois - et même avant la sortie du film - des célébrités, cette troupe de banlieusards sur-entraînés incarne ici leur propre rôle. Bonne idée de départ, projet ambitieux, suivi de près par l'inévitable Luc Besson (dès qu'il y a moyen de se faire du fric, il saute à pieds joints), voilà un bon divertissement qui sonne le glas des mauvais city-movies.

Archétype très facile inspiré de Robin des Bois: un pauvre a besoin d'aide? Alors, allons voler les sous chez les riches! C'est en deux phrases le résumé de l'intrigue, qui s'avère quand même un peu plus passionnante: après l'accident, sept cambriolages sont programmés (tous chez des médecins) pour récolter assez de fonds. Par groupes de deux, ils infiltrent les demeures en grimpant sur le toit, en faisant un super triple salto arrière puis le cri de guerre "Yamakasiiiii!!!!" (un peu con, d'ailleurs), et accomplissent leur mission.

Très, très naïf tout ça. Aucune réflexion, juste une pensée de primate: nous besoin argent, alors nous grimper aux murs chercher argent. Ils usent donc de leur 1mètre 90, de leurs kilos de muscles et de leur style pour réaliser leur but - déjà improbable au départ - mais tant pis. Un regard puéril de la banlieue est donné, donnant l'impression de vouloir nous apprendre ce qu'est un immeuble. Mais pardonnons, pardonnons: les acteurs sont inexpérimentés, et c'est peut-être le manque de profondeur du scénario qui fait son charme...

Néanmoins, certaines scènes auraient pu être un peu plus travaillées, comme la dispute entre les Yamakasi et Fatima (remarquez le beau cliché: les prénoms des héros), ou encore les dialogues impliquant le commissaire de police, qui joue encore moins bien que Jean-Claude Van Damme et Christophe Lambert réunis. Que voulez-vous, la vie est ainsi: clichés, stéréotypes, mauvais dialogues, mauvais acteurs donnera toujours un mauvais film.

Mais "Yamakasi" sauve de justesse sa peau (car vu mon enthousiasme de début de critique, ça sentait le 3 sur 20). Le public ciblé étant plutôt jeune, les aspects que j'ai cité plus haut n'ont pas de réelle valeur: ce qu'il faut, c'est de l'action (ça, le producteur Besson s'en charge), et une fin heureuse sans prise de tête ni besoin de faire fonctionner le cerveau. Et à ce niveau-là, le film s'en sort pas mal, avec une tension dramatique pas si mal que ça, de l'humour un peu potache mais sympathique, et des cascades spectaculaires...

Pour parachever le tout, la bande musicale est tirée de NTM, Kool Shen, Joey Starr, Neg'Marrons, et beaucoup d'autres; les amateurs de rap français seront satisfaits. Pareil pour les spectateurs avides de sauts dans le vide, de bagarres de rue (pas méchantes - dommage...). Mais n'oublions pas les ridicules séquences de l'attaque de la villa aux fumigènes et à la Kalachnikov (débile, mal fait, risible) et les menaces au pistolet du chirurgien dont j'ignore encore ce qu'il vient foutre ici.

Allez, soyons magnanimes: "Yamakasi" permet de se détendre l'esprit quelques minutes et permet à TF1 de se faire un max de blé en le passant le dimanche soir. Autre fait rarissime: la suite, nommée "Les Fils du Vent" est meilleure, plus violente, mais moins insouciante (beaucoup de défauts ont été corrigés). Je vous la conseille plus que celui-ci.

Critique de Cyril

La note: 11,5 / 20

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#Posté le lundi 24 juillet 2006 00:41

Modifié le lundi 16 février 2009 07:26

Les Climats (Nuri Bilge Ceylan)

Les Climats (Titre original: Iklimler)

Réalisé par Nuri Bilge Ceylan - 2006 - Turquie - Couleur - 1heure 34minutes - Sélection Officielle en compétition Cannes 2006

Avec Ebru Ceylan, Nuri Bilge Ceylan, Nazan Kesal...

Accueil fait au film à Cannes: enthousiaste, même si la salle était un peu endormie.

Sortie prévue en 2007


Résumé: un homme (Nuri Bilge Ceylan) vit avec sa compagne (Ebru Ceylan). Au printemps, pendant leurs vacances à la mer, ils se séparent. En été, l'homme va alors retrouver son ex-fiancée, qui ne voudra pas de lui. En automne, il va alors sombrer dans une profonde dépression, et tentera le tout pour le tout: demander à sa compagne de repartir à zéro, alors que l'hiver se profile dans l'air...


Critique: fort du succès cannois de son dernier long "Uzak" (qui s'est fait dérober de justesse la Palme d'Or par Gus Van Sant et son "Elephant", et obtint donc le Grand Prix), Nuri Bilge Ceylan, très certainement le plus doué et connu des réalisateurs turcs, revient en force à Cannes avec une ambition non dissimulée: une place au Palmarès.

Et ce ne sera pas encore cette année: "Iklimler" a été terrassé par le terrassant "Flandres" (Bruno Dumont, 06) et "Le Vent se lève" de Ken Loach. C'était pourtant bien parti: le président Wong-Kar Waï avait déclaré avant le début du Festival qu'il adore le travail de Ceylan, qu'il aurait plébiscité "Uzak" en 2003, et qu'il trépigne d'impatience en attendant ce nouvel opus. Mais Monica Bellucci, Samuel L.Jackson, Tim Roth et les autres en auront décidé autrement: Nuri et sa troupe repartent en Turquie les mains vides.

Pour ma part, beaucoup de souvenirs se rapportent à cette projection (ce n'est pas forcément intéressant, mais j'y vais quand même): déjà, je sortais de la projection de "Nos voisins les hommes" (la critique est en ligne) quand j'ai bataillé comme un fou pour trouver ces maudites places, avant de recevoir un coup de fil magique: "Je les ai tes places, ducon." Me voilà donc sur les Marches, le ticket dans la main. Je monte, je suis en haut, je suis à l'intérieur, je suis assis au balcon et...miracle! Je m'aperçois que malgré les trois fouilles effectuées par la police du Festival, mon appareil photo est dans ma poche. L'occasion de filmer un peu la salle, ainsi que la standing-ovation réservée au film (promis, si je trouve comment marche le système "Google Vidéo" pour mettre ça en ligne, je le ferai).

Pourquoi standing-ovation? Parce que "Iklimler" est bon, très bon. Et personne ne s'y est trompé (sauf les crétins de journalistes à la con qui sortent avant la fin...): Ceylan livre une fois de plus un travail irréprochable, un poème visuel aux saveurs méditerranéennes, à la fois onirique et réaliste. En effet, il alterne (parfaitement) les passages durs (comme la scène d'amour choquante et confuse: viol ou pas viol?) et les instants magiques au bord du Bosphore, où les cheveux de la très jolie actrice (et femme du réalisateur) sont bercés par la brise printanière...

Non fier de manier avec justesse et dextérité les genres et les émotions, Ceylan se révèle aussi fin peintre de l'amour; on ne le connaissait pas du tout comme tel. Et pour moyen d'action, comme dans "Uzak", une lenteur terrible qui découragera peut-être certains (il faut faire un petit effort pour tenir éveillé, mais le jeu en vaut la chandelle) et une absence quasi totale de dialogues. Vous me direz: simple comme truc, foutre un gars triste de s'être fait larguer au bord de la mer, et le regarder déambuler.

J'avoue trouver aussi l'idée un peu simpliste, mais pour le sujet à traiter, il ne valait pas la peine de mettre au point un scénario et des dialogues pointus en grand nombre: mieux vaut la technique de ce cinéaste qui, en digne descendant d'Angelopoulos et Kiarostami, privilégie l'image au son (sauf les bruits du quotidien, essentiels pour ancrer l'histoire dans un cadre réaliste). Petit mot sur l'interprétation, très travaillée (les comédiens viennent du théâtre, et sont tous expérimentés), qui apporte beaucoup en mélancolie, en romantisme frustré, via les attitudes faciales et les regards troublants du réalisateur-acteur.

Enfin, "Iklimler" ("Les Climats", en français) est rythmé narrativement par le déroulement des saisons - de la vie -, comme je l'explique dans le résumé. Tout devient langueur, spleen, au fil de cette vie qui s'écoule - et ne semble plus valoir grand chose pour le héros. Perdu dans ses pensées, orphelin de lui-même, noyé dans la réalité, voici le quotidien d'un forçat de l'existence, d'un homme errant. Qui alterne bonnes et mauvaises rencontres, mais ne se laisse pas influencer, et va droit au but: reconquérir son amoureuse. Je ne dévoilerai pas s'il y parvient, mais les privilégiés l'ayant vu confirmeront que la fin est incertaine; ce qui laisse encore plus de vague à l'âme.

Comme dit, le manque d'action (et oui, Nuri Bilge, c'est lent - merci à ceux qui auront compris la blague!) gênera sûrement les plus réfractaires à ce type de cinéma, mais les passionnés (et les cinéphiles accomplis) se doivent de jeter un coup d'oeil à ce film rare de nos jours, subtil drame psychologique et reflet de l'esprit torturé d'un cinéaste en grand devenir.

Critique de Cyril

La note: 16,5 / 20

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Filmographie (complète) N.B Ceylan:

2003 - Uzak (avec Muzaffer Özdemir...)
2006 - Iklimler (avec lui-même...)
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#Posté le dimanche 23 juillet 2006 00:59

Modifié le lundi 16 février 2009 07:26

Pulp Fiction (Quentin Tarantino)

Pulp Fiction

Réalisé par Quentin Tarantino - 1994 - USA - Couleur - 2heures 31minutes - Oscar 1994 du meilleur Scénario et Palme d'Or Cannes 1994

Avec Bruce Willis, Samuel L.Jackson, Uma Thurman, John Travolta, Maria de Medeiros, Tim Roth, Steve Buscemi, Christopher Walken

Citation du film: "Là, maintenant, je vais appeler deux experts complètement défoncés au crack qui vont les travailler avec un chalumeau, une paire de pinces et un fer à souder."

- 12 ans



Résumé: le film est divisé en trois parties. La première "Marcellus Wallace & His Wife" voit Vincent Vega (John Travolta) chargé de "surveiller" Mia Wallace (Uma Thurman), la femme de son patron. Celle-ci, toxicomane, fait une overdose. Panique à bord: il faut à tout prix la sauver sous peine d'avoir à faire à son mari...La deuxième partie, "The Gold Watch", met en scène Butch (Bruce Willis), un boxeur en cavale après qu'il ait tué froidement son adversaire d'un coup de poing. Transporté par Esmeralda (Maria de Medeiros), il retourne chez lui, puis à son ancien domicile, où se trouve...un certain Vincent Vega...L'ultime partie met en scène Jules (Samuel L.Jackson) et son compère Vincent Vega: tous deux, ils échapperont de justesse à une rafale de balles...


Critique: si le septième art - le plus beau - comporte des mauvais films, des bons films, et des films dits cultes, alors "Pulp Fiction" est le plus culte des films cultes. En 1994, en recevant la Palme d'Or des mains du président Clint Eastwood, Quentin Tarantino se fait siffler, huer, et ignore absolument qu'il vient de bouleverser l'histoire du cinéma.

Tous les amateurs de Tarantino - et ils sont nombreux: c'est le cinéaste en vogue par excellence - sont unanimes (je pense) pour dire que celui-ci est le plus réussi des 5 longs-métrages qu'il a réalisé jusqu'à présent. Au scénario sans faille, au casting royal, et surtout à l'empreinte tarantinienne très marquée, nous avons là un spécimen d'une rare qualité, qui justifie amplement tout le bien que l'on dit de son réalisateur. En gros, le chef d'oeuvre d'un cinéaste qui ne réalise que des chefs d'oeuvres.

L'histoire, baignée dans la drogue et l'ultraviolence, est découpée en trois parties, avec un effet de flash-back: la deuxième partie est en réalité la partie finale, car Travolta se fait mitrailler dans la seconde, puis réapparaît à la finale. Avec cet astucieux procédé de style, Tarantino joue avec les règles du cinéma, ose des cadrages insensés (le plan-séquence sur Bruce Willis, immobile, qui dure environ deux minutes), des plans américains absolument démodés, et comble du luxe, rend hommage à la sous-culture US ainsi qu'aux films de sa jeunesse.

Mais "Pulp Fiction" est encore bien plus qu'un hommage: c'est littéralement un concentré de toute la "richesse" cinématographique qu'à accumulé le réalisateur de "Reservoir Dogs", lors de son adolescence passée dans les salles obscures ou au vidéo-club. Ainsi, c'est un mix entre western-spaghetti, séries B des années 70, action-movies pitoyables, et bandes dessinées pulp - genre désormais mort et enterré. On retrouve des clins d'oeil à ses maîtres que sont Sergio Leone, Clint Eastwood, et Howard Hawks. Il intègre donc au film une multitude d'éléments liés à la culture populaire, dans l'unique but de rendre l'ensemble "cool" et agréable.

En effet - et c'est là que la polémique s'est abattue sur le roi Quentin -, il banalise la violence à tel point qu'elle en devient gratuite. Quitte à verser parfois dans le sadisme, et montrer une torture ignoble au spectateur qui n'apporte rien à l'histoire et pouvait être évitée. Je fais référence à deux scènes: dans "Reservoir Dogs", quand Michael Madsen coupe une oreille à un policier avec son rasoir, et dans "Pulp Fiction", quand Ving Rhames (Marcellus Wallace) se fait violer par un flic sado-maso. Après tout, c'est ce qui rend son cinéma si spécial, mais la controverse a été provoqué à juste titre.

Néanmoins, c'est le Tarantino le moins brutal (hormis deux ou trois petites scènes), où son habituel appétit de violence s'éclipse pour laisser la part belle aux dialogues, toujours merveilleux. De plus, avec la distribution engagée pour les prononcer, ceux-ci se transforment en oeuvres d'art (même s'ils ne sont pas très fins, très polis, mais ils font mouche, et remplissent parfaitement leur mission que j'ai dite plus haut: rendre l'ensemble "cool") et forment des fragments de culte, que les fans du grand Quentin connaissent sur le bout des doigts.

"Est-ce que tu as vu un panneau avec marqué "décharge de nègres crevés" devant ma maison? Non. Et tu sais pourquoi? Parce qu'il n'existe pas!", ou encore "Il est super bon ce milk-shake...miam miam!", nombreuses sont les phrases d'anthologie que comporte cet opéra visuel où les bandits dansent le twist, où les boxeurs au passé trouble tuent ces mêmes bandits sur la cuvette des toilettes et où tout se règle à coups de flingue. Heureusement, la distance gardée par rapport à cette représentation du milieu criminel et à la violence exacerbée permet de d'apprécier sereinement la performance artistique.

Car elle existe: en faisant ressortir de l'ombre John Travolta (devenu has-been et dont la carrière tendait à s'achever) et Bruce Willis (dans le creux de la vague au moment du tournage), Tarantino réveille l'inconscient collectif et nous propose le héros de "Grease" dansant un twist endiablé avec Uma Thurman. Cette dernière, absolument parfaite (tout comme dans "Kill Bill"), participe comme tous les autres à la réussite incontestable du projet. Pour couronner le tout, la bande originale tiré de références majeures du blues du milieu du siècle colle admirablement à l'action, pour aboutir au final, avec les autres éléments, à un miracle sur pellicule.

Deux heures quarante s'écoulent ainsi à une vitesse surprenante, et l'on prend également un malin plaisir à retrouver une scène ou une réplique qu'on a déjà entendu quelque part...

Critique de Cyril

La note: 14 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

Filmographie (complète) Quentin Tarantino:

1992 - Reservoir Dogs
1994 - Pulp Fiction
1997 - Jackie Brown
2003 - Kill Bill:Volume 1
2003 - Kill Bill:Volume 2
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