Réalisé par Ron Howard – 2006 – France / USA – Couleur – 2heures 32minutes – Sélection Officielle Hors Compétition Festival de Cannes 2006 (Film d'ouverture)
Avec Audrey Tautou, Tom Hanks, Jean Réno, Ian McKellen, Jean-Pierre Marielle...
Citation du film: « Vous êtes l'héritière....la dernière descendante vivante de Jésus-Christ. »
Résumé: Jacques Saunière (Jean-Pierre Marielle), le conservateur du musée du Louvre, est brutalement assassiné devant la Joconde. Dans d'atroces souffrances, il s'était mis dans la position de l'homme de Vitruve, pour transmettre une série de messages à sa petite-fille, Sophie Neveu (Audrey Tautou), inspecteur de police. Mais un message suspect est inscrit à côté du cadavre, qui porte à croire que Robert Langdon (Tom Hanks), éminent spécialiste des symboles, est le coupable. Appelé sur les lieux par le commissaire Bézu Fache (Jean Réno), qui n'a pas l'intention de le laisser repartir, il s'enfuit avec Sophie pour trouver le Saint-Graal, secret dont elle possède la clé...
Critique: il était même inutile de faire un résumé. Comment ne pas connaître le Da Vinci Code, à moins d'avoir vécu six ans au Groënland ? A plus de vingt millions d'exemplaires écoulés, Dan Brown, son auteur, s'est fait des bijoux de famille en or. Howard a senti le bon coup, et s'est dit que ça marcherait peut-être aussi pour lui.
Pourtant, il n'a pas besoin de ça : le réalisateur de « Backdraft » a déjà une belle notoriété - et le portefeuille bien garni - pour venir la gâcher avec ce Code Da Vinci d'une nullité désastreuse. Et qu'il ne nous dise pas que ce film est le reflet de sa vie, de ses pensées, de son âme : c'est juste de la merde commerciale, créée avec des moyens énormes, écrite avec les pieds et filmée comme un reportage sur les escargots de la classe de CE1 de l'école Henri Dès de Chamouilly-sur-Garonne. Un coup marketing pour relancer encore un peu la vente du livre.
A Cannes, le film a été hué, conspué, insulté, descendu. Howard a dit qu'il ne comprenait pas. Moi, je comprends : avec une adaptation certes fidèle (sauf la fin, qui part en chips et qui est pourrie jusqu'à l'os, j'y reviendrai) mais écrite avec trop de longueurs et de choses inutiles (certains moments d'émotion qui auraient pu être beaux sont gâchés par des « je vous comprends » ou des conneries dans le genre), l'ensemble prend l'eau, est même ennuyeux. Pire, avec le budget mal utilisé (les courses-poursuites en Smart, c'est moyen) et la direction d'acteurs pathétique, il en devient ridicule.
C'est ça le pire : un film peut être chiant, porteur de défauts, mais s'il devient ridicule, il porte alors le titre de la honte suprême : nanar. Da Vinci Code est un nanar. Une pauvre reconstitution du livre (qui déjà, était d'une simplicité narrative triste et faible dans sa construction) agrémentée de dialogues d'une bêtise sournoise (voir la citation affligeante ci-dessus). Le livre était trop volumineux, trop riche en contrevérités historiques pour pouvoir le retranscrire en deux heures 30 (et déjà très long), c'est pourquoi Howard va à l'essentiel, et oublie la qualité.
Je n'irai pas jusqu'à analyser le message ni la portée du film ; je me contenterai de constater les dégâts. En l'occurrence, un beau dégât porte le nom de Tom Hanks – qui a d'ailleurs pris un bon coup de vieux. La belle Audrey (que j'apprécie, ce n'est un secret pour personne) se défend à peu près face aux squales qui l'entourent. C'est sûrement la seule mini bonne raison de donner des sous à l'ami Ron, trop ambitieux, trop mégalomane, qui avec ses flash-backs ridicules, ses émotions à deux balles et son sens de l'humour digne d'Eve Angeli, agace profondément.
La quête du Graal...dans le même style, en moins sulfureux et provocateur, il y a...Indiana Jones. Mieux vaut fuir à toute vitesse ce pâle polar dopé aux tranches d'Histoire chrétienne sordides qui se veut « course folle pour le secret le mieux gardé de tous les temps ». Un épisode de Julie Lescaut à 120 millions de dollars.
Critique de Cyril
La note: 5,5 / 20
Selon vous, quelle note mérite le film ?
Filmographie (extrait) Ron Howard:
1985 – Cocoon
1988 – Willow
1990 – Backdraft
1992 – Horizons lointains
1995 - Apollo 13




