Alexandre (Oliver Stone)

Alexandre (Oliver Stone)
Alexandre (Titre original: Alexander)

Réalisé par Oliver Stone - 2004 - USA - Couleur - 2heures 52minutes - Nominations aux Razzie Awards (récompenses des plus mauvais films)

Avec Colin Farrell, Jared Leto, Angelina Jolie, Val Kilmer, Anthony Hopkins, Rosario Dawson...

Citation du film: "Nous allons continuer ensemble jusqu'au bout de ces terres inconnues. Ensemble, nous serons les maîtres du monde."



Résumé: la vie courte mais passionnante d'Alexandre le Grand, héros incontestable dont les exploits ont traversé les siècles. De sa jeunesse passée auprès de sa mère (Angelina Jolie) à son adolescence troublée sans oublier les glorieuses batailles qui firent l'immensité de son empire, voici trois heures de plongée au coeur de l'Antiquité...


Critique: Oliver Stone, que l'on ne présente plus, revient en force et réunit une jolie brochette de stars pour son néo-péplum annoncé comme un évènement. Comme il le déclarait lui-même, il a beaucoup étudié le personnage d'Alexandre pour le dévoiler sous un jour méconnu, que l'Histoire a oublié.

Petit problème, monsieur Oliver Stone: votre film, je vais aussi l'oublier très vite. Car en tentant de développer le côté psychologique et humain du héros, vous sombrez dans la lourdeur et dans les clichés. Comme dit plus haut, l'idée n'était pas foncièrement mauvaise; montrer à la fois la gloire et les soucis d'un grand empereur, ça s'est déjà fait, et parfois avec succès. Mais ici, les scènes faites pour choquer sont outrancières et ne servent en rien le but du film (par exemple, quand Colin Farrell roule des pelles à Jared Leto, ou pire, quand il couche avec sa mère!), et certains pays les ont d'ailleurs censurées. De plus, il aborde maladroitement la question de l'homosexualité, avec de terribles stéréotypes et un propos vulgaire et inadapté. Autre petit point comique: Angelina Jolie joue la mère d'Alexandre, incarné par Colin Farrell dans le film. Mais celle-ci n'a que quelques maigres années de différence avec celui-ci, et cela m'étonnerait qu'elle fut enceinte à cinq ans...Voilà, c'est dit: Stone sait filmer la violence (Tueurs nés), la guerre (Platoon), les grands acteurs (Tom Cruise, dans "Né un 4 juillet"), mais pour ce qui est de l'amour et du romantisme, il reste des progrès à faire.

En revanche, les scènes de combats sont très bien orchestrées (heureusement, parce que sinon...) et foutent parfois de grands frissons dans le dos tant c'est beau. Vient s'ajouter à cela la musique parfaite de mon compositeur de bandes originales préféré, l'illustre-génial-magique-excellent Vangelis, toujours au synthétiseur, qui livre une BO de qualité, comportant la sublime chanson "Titans". S'ajoute encore un jeu d'acteurs correct, même si le beau gosse de service Jared Leto m'a franchement agacé en petit ami d'Alexandre et que Colin Farrell manque de charisme (et oui, interpréter un des plus grands héros de tous les temps, c'est pas comme jouer dans une pub pour la Maaf). Surprise: Angelina Jolie s'en sort indemne, bien qu'assez discrète dans le film. Mais cela n'enlève en rien le fait qu'Alexandre soit un produit marketing calibré (mais il fut un bide: les recettes dans le monde n'ont pas suffi à rembourser la production), un néo-péplum foireux inspiré par "Gladiator" et donc un échec artistique. Et j'oubliais: deux heures cinquante, c'est long, trop long, beaucoup trop long.

En bref, voilà de quoi piquer un bon petit roupillon. Autre chose: la boîte du DVD est très pratique pour caler les établis ou les machines à laver. Après avoir jeté le disque par la fenêtre, bien entendu.

Critique de Cyril

La note: 8,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le lundi 10 juillet 2006 16:57

Modifié le vendredi 24 avril 2009 10:57

Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre (Alain Chabat)

Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre (Alain Chabat)
Astérix et Obélix: Mission Cléopâtre

Réalisé par Alain Chabat - 2002 - France - Couleur - 1heure 41minutes - César des meilleurs costumes

Avec Jamel Debbouze, Monica Bellucci, Gérard Depardieu, Christian Clavier, Claude Rich,Edouard Baer, Mouss Diouf...


Citation du film: "Pas de bateaux, pas de pierres. Pas de pierres, pas de construction. Pas de construction, pas de palais. Pas de palais...pas de palais."



Résumé: César (Alain Chabat) et Cléopâtre (Monica Bellucci) font un pari: elle doit lui construire un magnifique palais à Alexandrie en 3 mois. Si le pari est tenu, César devra reconnaître publiquement que l'Egypte est un grand peuple. La mission est confié au mauvais architecte Numérobis (Jamel Debbouze), qui ne nie l'évidence: seul, il n'y parviendra pas, et finira chez les crocodiles. Il fait donc appel à trois irréductibles gaulois: Astérix (Christian Clavier), Obélix (Gérard Depardieu) et Panoramix (Claude Rich) pour l'aider dans sa lourde tâche.


Critique: un budget pharaonique, un casting titanesque, un scénario bourré de répliques cultes: la machine Astérix a tout balayé sur son passage, avec ses 11 millions d'entrées et ses quatre mois en salles. Mais qu'en reste t-il aujourd'hui, c'est à dire la question fatidique: culte ou pas culte?

J'avoue avoir posé cette question inutilement: bien entendu, la Mission Cléopâtre a acquis ses galons de "classique" et se range parmi les plus grands succès de tous les temps au box-office français. Et le scénario y est pour beaucoup (évidemment, on ne va pas dire qu'un plan est magnifique, ou que le message du film est fort, émouvant): toutes les répliques ont été affûtées à la perfection et sont destinées exclusivement à faire se tordre de rire petits et grands. Et ça fait vraiment plaisir de retrouver l'esprit de l'humour Canal + qui s'était un peu perdu depuis la séparation des Nuls (et qui revivait à peine avec Les Robins des Bois), et de plus en pleine forme. Comme d'habitude, on connaît la devise: plus c'est con, plus c'est bon. Mais dans le fond, même pas tellement: il y a des références intéressantes au "Radeau de la Méduse" de Géricault, aux documentaires animaliers ("en raison de la violence de cette scène, nous préférons vous diffuser un reportage sur la langouste...") et à la culture contemporaine. Les acteurs, eux aussi, même s'ils n'effectuent pas une prestation parfaite - ils ne sont pas au sommet de leur art -, sont chacun très bons dans leurs rôles et jouent avec pêche et envie.

Ca fait plaisir de voir une telle troupe de comédiens parmi les plus en vogue ("bankables") s'éclater comme des mômes de trois ans devant une caméra, avec en guise de hochet un bout de papier en or sorti tout droit de l'imagination (et surtout du don incroyable de sentir ce qui va provoquer le rire chez le spectateur) d'Alain Chabat, pape de la génération Canal +, qui enfonce son prédécesseur Claude Zidi six pieds sous terre. On distingue d'ailleurs quelques différences avec le premier volet ("Astérix et Obélix contre César"): tout d'abord, ce dernier portait plus la marque Astérix (les menhirs, la potion magique omniprésente, les bagarres avec les Romains, la chasse au sanglier...-et je pourrais continuer) que son suivant, qui manifestement se fout royalement d'être fidèle à la BD d'origine. Seule la trame de fond (le pari de César et Cléopâtre, et la construction du palais) et les personnages sont conservés – heureusement ! Et tout le reste est composé de répliques hilarantes, d'idées géniales (et novatrices pour la plupart), pour servir à merveille ce film au pitch simple, qui ne s'élève pas parmi les chefs d'oeuvre du cinéma, mais trône à juste titre au Panthéon des meilleurs comédies françaises.

Le troisième ("Astérix aux Jeux Olympiques") sortira le 30 janvier 2008. Patience, patience...en espérant qu'il soit aussi drôle que celui-ci. Que les amateurs comme moi de cinéma d'un niveau intellectuel un peu plus élevé m'excusent de donner une telle note à un tel film, mais cela s'appelle le syndrome du "Chaussée aux Moines": "Pardon, mais c'est trop bon."

Critique de Cyril

La note: 16 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

Filmographie (extrait) Christian Clavier:

- Les Bronzés (Patrice Leconte)
- Les Bronzés font du ski (Patrice Leconte)
- Le Père Noël est une ordure (Jean-Marie Poiré)
- Opération Corned-Beef (Jean-Marie Poiré)
- Les Visiteurs (Jean-Marie Poiré)

# Posté le mardi 11 juillet 2006 06:31

Modifié le vendredi 24 avril 2009 10:57

Quai des Brumes (Marcel Carné)

Quai des Brumes (Marcel Carné)
Quai des Brumes

Réalisé par Marcel Carné - 1938 - France - Noir & Blanc - 1heure 31minutes - Prix Louis-Delluc 1939

Avec Michèle Morgan, Jean Gabin, Michel Simon, Pierre Brasseur...

Citation du film: "Mieux vaut avoir cette tête-là que pas de tête du tout."



Résumé: Jean (Jean Gabin), un déserteur de l'armée française, débarque au Havre pour se cacher en attendant de partir à l'étranger. Dans un bistrot, il fait la connaissance d'un peintre désabusé nommé Michel (Robert Le Vigan) et une orpheline, Nelly (Michèle Morgan). Celle-ci vit chez son oncle Zabel (Michel Simon), lequel tente d'abuser d'elle. Mais Jean et Nelly tomberont rapidement amoureux, et elle mettra son compagnon au courant des agissements de son oncle...


Critique: classique du cinéma français, "Quai des Brumes" est sans conteste le meilleur film de Jean Gabin, de Michèle Morgan, et de Marcel Carné (à égalité avec "Les Enfants du Paradis"). De "T'as de beaux yeux, tu sais" à "Je peins des choses qui sont derrière les choses", retour sur une heure trente et une minutes de bonheur filmique vieilles de soixante-dix ans bientôt.

Manifeste du mouvement "réalisme poétique" présent en France dans les années 40 (avec aussi "L'Atalante" de Jean Vigo), cette nouvelle collaboration Carné-Prévert fait à nouveau des étincelles: les répliques "prévertiennes" (j'en ai cité trois un peu plus haut) sont restées dans les mémoires cinéphiles, les personnages toujours aussi typés et mauvais (les bandits, les voyous, les ivrognes...) sont désormais clichés et le pessimisme ambiant est également digne de son scénariste. Car ici, point de soleil, de joie: tout n'est que pluie, tristesse, marginalité, abus, et surtout, l'ombre de la mort qui plane sur les personnages (un peu à la manière de "Il était une fois dans l'Ouest") et dont on devine l'arrivée. Prisonniers dans un monde infâme sans issue, Nelly et Jean cherchent à fuir (lui en désertant l'armée, et elle en quittant son oncle pervers), et trouvent ensemble la solution: l'amour. Bien que ce n'en soit pas réellement: elle vit un amour platonique, plongée dans de grandes espérances et dans un romantisme exacerbé, lui n'est qu'un loubard, un homme mystérieux au passé trouble et à l'avenir incertain. Et là où l'émotion surgit, c'est bel et bien à la fin, quand on se rend compte que l'amour de Jean était sincère (en même temps, il n'a plus trop le choix: il a trois balles dans le coeur).

Autre point intéressant: le rythme au début est assez lent (il se passe quand même des choses, mais elles sont filmées sans musique et de manière plate) pour arriver à une accélération brutale après le passage à la fête foraine des deux amoureux (après la réplique "T'as de beaux yeux, tu sais?"). Ce procédé est typique du réalisme poétique: faire évoluer des personnages dans un univers, et les laisser se heurter à la vie, à l'amour, pour aboutir au final à l'irruption de la mort, qui vient mettre tout le monde d'accord. Le film donne aussi une occasion en or à Gabin et Morgan de se mettre en valeur, car à cette époque, ils ne sont quasiment que débutants: par exemple, la merveilleuse scène où Gabin vient mettre des baffes à trois lascars qui avaient accosté Morgan est un modèle du genre, une perle de finesse. Enfin, la durée est absolument adéquate pour caser tous les évènements de l'histoire, donc aucun ennui.

Tous ces aspects réunis forment donc une oeuvre réussie, qui fait date depuis dans l'Histoire du cinéma. Mais un film qui fait date, c'est un chef d'oeuvre; et si on fait la distinction entre oeuvres et chefs d'oeuvres, "Quai des Brumes" est le chef d'oeuvre des chefs d'oeuvres.

Critique de Cyril

La note: 17,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le mardi 11 juillet 2006 07:41

Modifié le vendredi 24 avril 2009 10:56

Comment j'ai fêté la fin du monde (Catalin Mitulescu)

Comment j'ai fêté la fin du monde (Catalin Mitulescu)
Comment j'ai fêté la fin du monde (Titre original: Cum mi-am petrecut sfârsitul lumii)

Réalisé par Catalin Mitulescu - 2006 - Roumanie - Couleur - 1heure 53minutes - Sélection Un Certain Regard Cannes 2006 et Caméra d'Or

Avec Becheru Ionut, Doroteea Petre, Duma T.Andreï...

Accueil fait au film à Cannes: très bon (l'équipe du film, présente dans la salle, a été acclamée)



Résumé: la vie d'une grande famille unie dans un village de la province de Bucarest, sous la dictature de Ceausescu, entre le fils mauvais à l'école, la fille amoureuse du voisin, les parents au bord du divorce...jusqu'au jour où l'impensable se produit: le régime totalitaire roumain a été renversé...


Critique: Catalin Mitulescu. Vous ne connaissez sûrement pas ce nom, mais tâchez tant bien que mal de le retenir. Cet homme a remporté la Palme d'Or du court-métrage pour "Trafic", en 2005. Il revient donc l'année suivante avec son premier long, aux influences multiples et à la réputation déjà toute faite.

Il s'agit là d'un long-métrage sur la vie pendant la dictature Ceausescu, mêlant la grande et la petite histoire. La grande, on la connaît: un régime autocratique et rigide qui fut un désastre pour le pays, une sorte de reste communiste en phase d'abolition. La petite, c'est celle d'une famille type de la Roumanie, comportant de nombreux membres (qui vont du jeune fils de huit ans, au grand-père, en passant par les oncles et les tantes) qui vivront chacun leur existence, parfois paisiblement, et parfois avec remous. Mais tous s'en sortiront, et conscients de l'épée de Damoclès suspendue cinq centimètres au-dessus de leur tête. Je trouve néanmoins cette idée un peu simple que de filmer des bouts de vie à droite et à gauche, en faisant planer la menace de "la fin du monde", comme le dit le titre. Enfin, pourquoi pas. Ensuite, les acteurs, pas franchement tous très bons, apportent soit de la vie (comme par exemple le petit garçon, à la bouille adorable, qui joue avec naturel et vérité) soit de la tristesse (le père ne rit jamais, reste impassible, et cabotine un peu): ce mélange est typique d'un autre cinéaste - qui maîtrise d'ailleurs bien mieux cet effet que Mitulescu - dont le réalisateur s'est énormément inspiré.

Et celui à qui je fais référence est un metteur en scène déjà beaucoup plus expérimenté (2 Palmes d'Or à son actif): Emir Kusturica. Bien trop de séquences rappellent les oeuvres du pape du cinéma des pays de l'Est, comme les danses tziganes avec musique et alcool à volonté, ou encore le manger de pastèque de l'enfant (en référence à "Papa est en voyage d'affaires"). Ce manque de caractère et de personnalité pénalise un peu l'ensemble néanmoins correct, mais qui aurait gagné à être parfois plus posé, plus serein, plutôt que baigner dans une hystérie quasi-constante. La fin, en demi-teinte, est incertaine: je ne comprends pas réellement l'intérêt d'un tel épilogue (que je ne dévoilerai pas), mais allez, on va dire que j'étais fatigué (c'est ça aussi, l'effet Cannes: se coucher à n'importe quelle heure, et se lever tôt, très tôt, et attendre la pu..in de navette). Le générique passé, l'équipe a été ovationnée debout, les spectateurs poursuivant encore Catalin Mitulescu jusqu'en dehors du Palais; je ne sais pas pourquoi, vraiment. Car trop d'erreurs entachent un scénario pourtant bien conçu, mais pour un premier film, c'est une réussite.

Je pardonne: le péché par faute d'ambition est le plus tolérable. Et elle est présente, cette ambition. Que Catalin Mitulescu poursuive dans cette voie et efface certains défauts de jeunesse, alors il aura une place de choix parmi les grands cinéastes indépendants européens.

Critique de Cyril

La note: 12,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le mardi 11 juillet 2006 07:55

Modifié le vendredi 24 avril 2009 10:56

Volevo Solo Vivere (Mimmo Calopresti)

Volevo Solo Vivere (Mimmo Calopresti)
Volevo Solo Vivere

Réalisé par Mimmo Calopresti - 2006 - Documentaire - Italie - Couleur (avec images d'archives en noir et blanc) - 1heures 19minutes - Sélection Officielle Hors Compétition Festival de Cannes 2006

Avec neuf survivants italiens des camps de concentration...



Résumé: le témoignage de neuf rescapés de l'enfer: quatre femmes et cinq hommes juifs italiens revenus de Birkenau, de Mathausen et d'Auschwitz, qui parlent de leur quotidien et de leur survie au cours de cette page noire de l'Histoire.


Critique: Mimmo Calopresti, réalisateur transalpin reconnu, revient sur la Croisette pour présenter un documentaire bouleversant sur l'Holocauste. Le producteur, un cinéaste pas très connu du grand public, nommé Steven Spielberg, a déclaré placer beaucoup d'espoirs en ce film, qui, nécessaire au devoir de mémoire, tournera sûrement dans les écoles très prochainement.

Moi qui pensais aller voir en cette belle après-midi cannoise un film psychologique (la traduction du titre en français est "Je veux seulement vivre", je me disais donc: ce sera l'histoire d'un mec au bord du suicide qui veut en fait vivre), j'ai été assez surpris quand le réalisateur, monté sur la scène de la salle, prend son micro et dit qu'il a tourné ça pour transmettre le souvenir aux futures générations. Angoisse subite: qu'est-ce c'est que ce truc? Mais rapidement plus de doute: le film débute, les images sont là, l'émotion aussi. Plusieurs personnes ont d'ailleurs quitté la salle, en larmes. Et c'est vrai que les archives parlent d'elles-mêmes: le discours antisémite ignoble de Mussolini, les photos où l'on voit des fosses remplies de cadavres, des enfants séparés de leur mère, des hommes battus...Les témoignages de ces Italiens survivants renforceront le sentiment général: la Shoah est la plus merdique, terrible, infecte, infâme saloperie que la Terre ait connue. Et leurs instigateurs le sont encore vingt-cinq fois plus.

Problème: si ce documentaire, édifiant, a le pouvoir des mots et des images pour lui, la réalisation est plus que sommaire. Calopresti se contente en effet de poser une caméra devant les six personnes âgées, les laisse parler, et intercale des photographies, des séquences filmées dans les camps...Gros manque d'inventivité de sa part, car l'ensemble en devient ennuyeux, voire soporifique. Or, devant un documentaire, si l'on ne suit pas, on peut difficilement se passionner pour le sujet défendu et donc, l'intérêt du film est perdu. Cela n'aurait pas été du luxe de tenter des reconstitutions, d'apporter des interviews d'historiens spécialistes de cette période, de raccourcir quelque peu les plans-séquences étouffants, et bouger un peu la caméra, afin de nous dégourdir l'esprit.

Mais on en sort quand même retourné, assommé par cette vision d'horreur, cette plongée profonde dans le passé - aussi regrettable soit-il - qui bien que nécessaire, n'a pas sa place au Festival du Film de Cannes. On a d'ailleurs crée d'autres manifestations où "Volevo Solo Vivere" aurait trouvé plus d'enthousiasme et de ferveur.

Critique de Cyril

La note: 9 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le mardi 11 juillet 2006 13:47

Modifié le vendredi 24 avril 2009 10:56