Réalisé par Gabriel Aghion - 1996 - France - Couleur - 1heure 35minutes
Avec Fanny Ardant, Patrick Timsit, Jacques Gamblin, Richard Berry, Michèle Laroque...
Citation du film: "Il n'y a pas d'hétéros, juste des mecs mal dragués."
Résumé: Alexandre (Richard Berry), un PDG d'entreprise, découvre avec stupéfaction qu'Adrien (Patrick Timsit) et son amie Eva (Fanny Ardant) font partie du milieu gay. Malgré leurs différences sociales, Alexandre tombe éperdument amoureux d'elle, au grand dam de son épouse (Michèle Laroque). Deuxième souci: Eva veut devenir mère...
Critique: Gabriel Aghion, illustre réalisateur des très nuls "Absolument fabuleux", "Belle-maman", fait un véritable carton au box-office français (4,5 millions d'entrées). Dix ans plus tard, il réalise une suite avec Bertrand Blier, nommée "Pédale Dure", et qualifiable de "merde ambulante du siècle". Le premier volet était-il un brin meilleur?
Avec 4,5 millions d'entrées, je me suis dit: "Quand même, ça ne doit pas être mauvais du tout..." Et bien, si, un peu. Bien sûr, je n'ai pas loué le DVD ni même dépensé un seul centime pour aller le voir, j'ai juste regardé sa diffusion sur TF1. Et je dois dire pardon à ma télé, à qui j'ai failli mettre des coups de boule, devant cette décevante "comédie" dont on a tant vanté les mérites. "Monument culte de l'humour français" ou encore "hilarant portrait des homosexuels"; et mon ... c'est du poulet.
Un film sur les homosexuels donc. Il y en a eu beaucoup depuis l'invention du cinéma - des bons et des mauvais - et celui-là se range dans la deuxième catégorie. Trop de clichés parsèment ce défilé de personnages tous plus abrutis les uns que les autres (sauf peut-être celui de Richard Berry, qui reste regardable), trop de stéréotypes (le culturiste sado-maso de la boîte gay, le serveur teint en blond avec un string violet, la voix fluette à la Steevy...- et je pourrais continuer) pour aboutir à une vision simpliste, méprisante, irrespectueuse du milieu gay et lesbien.
Mais je cherche la petite bête: il faut savoir rire de tout. De tout, sauf de la mauvaise mise en scène, bien sûr. Dommage - comme souvent - mais seuls les intelligents peuvent devenir cons, et pas l'inverse, n'est-ce pas monsieur Aghion? Que ce soit la fin, avec la série de coups de pied dans les bijoux de famille que s'envoient les héros, ou la piteuse scène où Michèle Laroque doit faire une fellation à Timsit pour savoir s'il est vraiment gay, tout manque de tact, de subtilité, et ça finit par ne plus passer.
L'interprétation est satisfaisante, hormis Patrick Timsit, excellent humoriste au demeurant mais qui peine à imposer son Adrien homo face à Fanny Ardant, laquelle joue beaucoup plus naturellement, et surtout, sobrement. Car on peut être très drôle en restant maître de soi, tranquille, zen, plutôt qu'en gueulant n'importe quoi et qu'en surjouant le rôle déjà minable qui lui est proposé. Celui qui s'en tire le mieux est le discret Jacques Gamblin, avec sa scène de strip-tease magistrale (les Village People sont des ringards à côté) et sa bonne bouille. Les autres s'enfoncent, et vont finir par trouver du pétrole.
Dernier point: les dialogues réussis de Pierre Palmade. On a en effet droit à de jolies répliques du style "C'est drôle, vous me faites penser à quelqu'un que je ne connais pas." ou encore "On passe toutes nos journées à s'excuser d'être pédés...et nos nuits aussi." ainsi qu'à des effets de style typiques, qu'il utilise d'ailleurs dans ses spectacles. Mais ça ne suffira pas à faire passer la pilule: pour "Pédale Douce", la note sera salée.
Sacrée foirade à mon goût, il y a mieux à faire que de passer une heure quarante à voir Patrick Timsit hurler Mylène Farmer dans sa bagnole "Puisqu'il faut choisir, à mots doux je peux le dire, sans contrefaçon, je suis un garçon...". Un vrai film sur l'homosexualité, sans tabou et sans clichés: "Le Secret de Brokeback Mountain" dont la note est plus du double de celle-ci.
Critique de Cyril
La note: 7,5 / 20
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