Réalisé par Stanley Kubrick – 1968 – USA – Couleur – 2heures 40 (copie exploitée : 2h 21)
Avec Keir Dullea, Gary Lockwood, William Sylvester, Daniel Richter...
Anecdote: HAL (l'ordinateur) a été conçu par IBM. D'ailleurs, si vous prenez le mot Hal, et que vous changez chaque lettre par la suivante dans l'alphabet, vous obtenez IBM.
Mon avis à propos du monolithe: Selon moi, le monolithe serait une représentation de Dieu, car il apparaît pour la première fois à la Nuit des Temps, et réapparaît au nouveau millénaire, 2001 années après la venue du sauveur Jésus. De plus, sa venue à la fin, devant le lit de mort de Bowman, me fait croire à un jugement dernier, suivi d'une réincarnation en l'être bizarroïde que l'on voit. La piste de l'extra-terrestre me semble aussi trop simple ; or, Kubrick était compliqué, et je ne pense pas, en génie qu'il était, qu'il se serait arrêté à une si évidente explication.
Résumé: l'Aube de l'Humanité. Des singes, suite à l'apparition d'un monolithe noir, ont l'idée, pour vaincre une autre tribu, de se servir d'un os comme arme. Plusieurs millénaires plus tard, en 2001, le professeur Heywood Floyd (William Sylvester) part enquêter sur la Lune au sujet d'un monolithe noir découvert au Cirque rocheux de Tycho. Un an et demi plus tard, le vaisseau Discovery est lancé vers Jupiter. Mais le comportement étrange de Hal 9000, l'ordinateur de bord, inquiète Bowman (Keir Dullea), un astronaute de la mission...
Critique: incontournable de l'Histoire du cinéma, chef d'½uvre parmi les chefs d'½uvres, révolution en matière de science-fiction, adaptation littéraire parfaite, « 2001 : L'Odyssée de l'Espace » fait partie des rares films à voir absolument et que l'on ne peut pas oublier.
Le premier dialogue intervient après 22 minutes de film : les premiers personnages sont des singes, nos ancêtres, qui découvrent face à eux Le Monolithe. Véritable choc – même s'ils ne peuvent le manifester que par d'épouvantables cris -, cette révélation va leur faire prendre conscience des objets, et va entraîner l'invention de la première arme (un os). Etant directs descendants des primates, Kubrick effectue ensuite l'ellipse temporelle la plus fabuleuse de tous les temps (l'os s'envole, et devient vaisseau spatial, deux millions d'années plus tard), et nous conduit en 2001.
2001, aube du nouveau millénaire (les singes se trouvaient, eux, à l'Aube de l'Humanité). L'espace est entièrement colonisé par les hommes, qui peuvent désormais téléphoner en visiophonie de la Terre à la Lune, ou manger des pilules de nourriture. Sur ce point-là, Kubrick s'est un peu trop emporté, mais cela n'enlève rien (au contraire) à la magie de ce film-révolution. Le professeur Floyd simule avec ses collaborateurs un virus mortel sur Clavius pour mener tranquillement sa mission sur la Lune : retrouver Le Monolithe, signalé sur la Lune.
Ce monolithe va parcourir – que dis-je, hanter ! – le film. Présent du début à la fin, tout le monde se pose encore la question de savoir quel est son rôle, pourquoi intervient-il, qui est-il. Nous ne le saurons jamais : Clarke et Kubrick ont emporté le secret dans leur tombe. Mais c'est ce qui rend 2001 encore plus passionnant : le fait de savoir qu'il y a un mystère irrésoluble, une interrogation éternelle nous fait cogiter de longues minutes. Est-ce une forme de vie extra-terrestre ? Une représentation de Dieu ? Une force maléfique ?
Et pour couronner le tout, le génie visionnaire du réalisateur lance une mise en garde contre les dangers des machines : Hal 9000, l'ordinateur-tueur, en est l'incarnation parfaite. Et c'est avec subtilité et lyrisme que Kubrick entremêle et bouleverse les genres, les codes : il se détache des clichés et folklores du cinéma SF (grosses bestioles vertes, vaisseaux mutants Zorglub...) pour laisser place à une véritable valse spatiale, accompagnée de « Ainsi parlait Zarathoustra » et « Le beau Danube bleu ». Pour le plaisir des yeux et des oreilles uniquement.
Orchestré à la perfection, ce premier film SF intellectuel provoque encore le débat quant à son énigmatique monolithe, et suscite l'admiration des cinéphiles de tous temps. Preuve supplémentaire que Kubrick est un génie, et qu'il agit de son coup de génie (même si je préfère encore « Lolita » et surtout « Barry Lyndon »). S'il ne fallait citer qu'un film sur Terre, ce serait celui-ci.
Critique de Cyril
La note: 19 / 20
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Filmographie (complète) Stanley Kubrick:
1953 - Fear and Desire
1955 - Le Baiser du Tueur
1956 - L'ultime Razzia
1957 - Les Sentiers de la Gloire
1960 - Spartacus
1962 - Lolita
1963 - Docteur Folamour
1968 - 2001: l'Odyssée de l'Espace
1971 - Orange Mécanique
1975 - Barry Lyndon
1980 - Shining
1987 - Full Metal Jacket
1999 - Eyes Wide Shut




