Gazon Maudit (Josiane Balasko)

Gazon Maudit (Josiane Balasko)
Gazon Maudit

Réalisé par Josiane Balasko – 1995 – France – Couleur – 1heure 46minutes - César 1996 du meilleur scénario

Avec Victoria Abril, Josiane Balasko, Alain Chabat, Ticky Holgado...

Citation du film: « Ici, vois-tu, je suis chez moi, et je me balade...à poil ! »



Résumé: Loli (Victoria Abril) est mariée à Laurent (Alain Chabat). Mais ce dernier a une maîtresse et n'est pas souvent présent au domicile conjugal. Loli fera alors la connaissance de Marie-Jo, une routière lesbienne (Josiane Balasko), qui lui fera des avances, auxquelles elle va céder. Le mari et la femme brouillés, cette dernière décide de vivre avec Marie-Jo, sous leur toit...


Critique: énorme succès populaire et réussite selon l'Académie des César (prix du scénario), « Gazon Maudit » révéla Alain Chabat en acteur et permit à Josiane Balasko de gagner une crédibilité en tant que réalisatrice.

Bien belle affaire. On m'avait vanté le film comme un « moment hilarant à passer », et je dois dire que j'ai été un peu frustré au vu des gags assez pâteux et lourdauds ; l'humour est loin d'être un modèle de finesse. Il y a quelques bonnes répliques à droite et à gauche, mais c'est plus un humour pour adultes basé sur le cul ou sur des références...d'adultes. C'est pourquoi on trouve des scènes un peu con : Alain Chabat soûlé au Pastis qui plonge dans un enclos à cochons, ou une bagarre navrante entre lui et Holgado pour la possession d'un fusil...

Parfois, j'ai eu l'impression que la grande Josiane Balasko ne trouvait pas quoi faire pour rythmer le film, d'où les scènes inutiles (et pas drôles). Et puis tous ces retournements de situation, ça agace. Même si Balasko semble en avoir conscience et offre à son héros un ambigu « c'est normal, qu'elle change d'avis, elle est espagnole ». Dernier point négatif : Alain Chabat. Humoriste et homme de scène que j'apprécie énormément, pour ne pas dire que je vénère, en acteur, il ne vaut pas un clou : pas naturel, surjoué, faux, les dépréciatifs ne manquent pas.

Passons au positif (car il y en a). Le positif réside essentiellement dans l'idée du film (tout de même, une femme qui pique la femme et oblige le mari à lui faire un enfant) et dans sa vision de l'homosexualité féminine. Avec quelques clichés, c'est néanmoins avec un regard magnanime et attendrissant que Balasko observe le couple formé par elle et Victoria Abril. Justement, j'ai gardé le meilleur pour la fin : Victoria Abril. Victoria Abril. Je le dis deux fois : elle est géniale, avec son jeu électrique et à la fois capable d'émouvoir (les scènes d'émotion sont particulièrement réussies). Une bonne raison de voir le film.

Hormis Balasko et Abril qui livrent la prestation de leur vie (pour Abril, c'est dans « Talons Aiguilles », d'Almodovar), le scénario douteux et dont on devine les ficelles trop facilement fait en sorte que le film ressemble à une comédie potache du Splendid. Tout est tourné à l'absurde, et notre cerveau finit aussi par tourner (en rond). A voir une fois dans sa vie pour Alain Chabat gueulant à poil sur son balcon, mais pas un vrai chef d'½uvre comique.

Critique de Cyril

La note: 10,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

# Posté le mercredi 06 septembre 2006 05:16

Modifié le samedi 16 août 2008 17:29

Les Fils du Vent (Julien Séri)

Les Fils du Vent (Julien Séri)
Les Fils du Vent

Réalisé par Julien Séri – 2003 – France – Couleur – 1herue 35minutes

Avec les Yamakasi...

Voir aussi la critique de: Yamakasi – Les Samouraï des Temps Modernes



Résumé: les Yamakasi sont cette fois en Asie pour prendre du repos. Mais ils seront rapidement confrontés aux gangs locaux, mafias, yakuzas, et ravisseurs ayant capturé la petite amie de l'un d'entre eux. Ils leur faut alors reprendre du service...


Critique: « suite » de « Yamakasi », « Les Fils du Vent » était annoncé plus abouti et moins enfantin que son homologue précédent. En effet, mais tout dépend de qu'on appelle plus abouti...

A ce niveau, pas de doute : l'objectif – qui était de transformer les Yamakasi en héros, non plus en sauveurs de gamins – a été rempli. En changeant de réalisateur (et en prenant un meilleur), le film gagne en maturité, en expérience. Le scénario semble plus posé : moins de changements de lieu, de fanfaronneries, de débilités dites par les acteurs, de scènes faites juste pour faire rire les mômes de 12 ans accros à leur style de « rappeur US wesh big-up » et qui s'empresseront de faire des roulades dans leur salon une fois le film fini.

Non, là, ça devient déjà plus intéressant. Les Yamakasi, en plus de faire de « super géniales cascades trop puissantes » (principal argument promotionnel du film : la bande-annonce ne montre que ça), doivent même se servir de leurs poings (se battre) et sauver quelqu'un pas du coma mais des mains de terroristes. Appétissant. Enfin, je veux dire qu'il y a maintenant une bonne raison de voir leurs aventures : une touche de violence (je ne suis pas sadique, mais bon...) et de kung-fu qui évite l'ennui.

Car le scénario reste toujours bien con : imaginez les Yamakasi dire « Si j'avais un tel nez, il aurait fallu que sur-le-champ, je l'amputasse ! ». Impossible. Ils restent cantonnés à leurs « attention ! », « on va la retrouver », « tous ensemble ! », « bastooonn !! ». Pas d'un niveau intellectuel très supérieur mais c'est toujours mieux de voir de la bagarre (la dernière scène est une boucherie au sabre et au pistolet qui dure quinze minutes) que de s'ennuyer devant sept idiots dans leur banlieue.

Il y a du dépaysement, de l'exotisme, de l'action mais l'esprit « Yamakasi » s'est perdu en route. Si je fais les comptes, « Les Fils du Vent » s'élèvent à peine plus haut que leurs prédécesseurs. J'accorde un demi-point de plus. Plus que seize films à faire, les gars, et vous avez vingt...

Critique de Cyril

La note: 12 / 20

Selon, vous, quelle note mérite le film ?

# Posté le mercredi 06 septembre 2006 05:23

Modifié le samedi 16 août 2008 17:29

2:37 (Murali K.Thalluri)

2:37 (Murali K.Thalluri)
2 :37 (Titre que vous pouvez également trouver : Two Thirty Seven)

Réalisé par Murali K. Thalluri – 2006 – Australie – Couleur – 1heure 34minutes – Sélection Un Certain Regard Cannes 2006 et Caméra d'Or

Avec Teresa Palmer, Joel Mackensie, Frank Sweet...

Citation du film: « Crevard ! Enculé ! Tu ne mériterais même pas que je vive sur Terre pour que tu me voies ! »

Accueil fait au film: excellentissime (la salle était subjuguée : beaucoup pleuraient, d'autres étaient incapables de parler. Une femme s'est même évanouie au deuxième étage de la salle au moment dramatique le plus intense. Le réalisateur et son équipe, présents dans la salle, étaient rayonnants de bonheur devant un tel succès, et furent ovationnés pendant quinze bonnes minutes – sauf par moi, qui suis parti.)

- 12 ans



Résumé: dans un lycée, chaque élève vit sa vie. Sauf un qui décide de s'enfermer mystérieusement dans les toilettes. Peu à peu, l'inquiétude grimpe : que fait-il ?


Critique: premier film de Murali K. Thalluri, réalisateur australien d'origine indienne, « 2 :37 » fut attendu comme le Messie sur la Croisette. Projeté l'avant-dernier jour, l'attente était insoutenable...et les festivaliers ne furent pas déçus.

Oui, seulement voilà : c'est peut-être un peu prétentieux, mais je suis pas les Festivaliers. Juste un cinéphile comme un autre qui en ouvrant les yeux, constate que « 2 :37 » est certes d'une beauté visuelle indiscutable, mais constate aussi qu'il s'agit d'une copie conforme de « Elephant », de Gus Van Sant. Je ne sais pas si Thalluri nous prenait pour des cons et pensait que nous allions dire « Waouh, quelle imagination ! Les travellings longs, le lycée...c'est totalement nouveau ! », mais je lui adresse un bonjour et la preuve que les cannois de mi-mai ne sont pas des crétins finis.

Voyez-vous, ce n'est pas deux, ni même trois points communs avec « Elephant » que j'ai repérés, mais huit, neuf, dix, et encore, sans être très pointilleux. Les travellings filants qui suivent les personnages, les scènes rejouées plusieurs fois, les filles boulimiques, l'homosexuel refoulé, l'ambiance du lycée, le jeune passionné de photo, les attentes aux casiers...allez, je m'arrête là. Monsieur Thalluri, je sais bien que vous avez vingt-huit ans et que vous débutez, mais évitez à l'avenir de vous pointer avec un truc copié, pompé, refait, et de nous sortir que c'est le pur fruit de votre imagination.

Car ce que vous ne pouvez pas savoir, c'est que le bonhomme est monté sur la scène de la salle pour présenter son film, et qu'il nous dit : « ce film est dédié à un ami, qui s'est suicidé à deux heures 37 de l'après-midi. » Bel hommage. Tout le monde était là : « oh, c'est trop beau, il a fait le film avec son c½ur, il a du souffrir durant le tournage... » Oui, c'est mignon, mais amadouer le public ainsi est d'une bassesse...Allez, je m'arrête de critiquer ce pauvre cinéaste sans personnalité ni style, qui j'espère trouvera ses marques.

Et si l'on excepte toutes les bonnes trouvailles empruntées à l'ami Gus, il y a du bon dans le scénario, mais aussi quelques petites erreurs de jeunesse qui paralysent un peu le déroulement. Par exemple, tous (j'ai bien dit tous) les personnages sont clichés, des archétypes ultra-connus de l'intello, de l'homo, de la bimbo, du sportif...Il y a aussi un regard complaisant et porteur de compassion envers eux, comme s'il Thalluri s'imaginait leur père, alors qu'il a cinq ans de plus. Hilarant.

Néanmoins, la mise en scène, bien qu'inspirée d' « Elephant », reste sensationnelle et bien ficelée. Le système du « compte à rebours » efficace et la légèreté coppolienne (ça rappelle aussi un peu « Virgin Suicides »...) avec laquelle est traitée le sujet font oublier les nombreux défauts, et font patienter un peu jusqu'au dénouement, paroxysme dramatique insoutenable. Je ne le dévoilerai pas, mais cette dernière scène (le suicide) est d'une intensité terrible : dur de ne pas fermer les yeux ou de ne pas se sentir mal. Ravageur, on en sort troublé, dévasté parfois, mais jamais indifférent.

Je ne me prononcerai pas plus sur le talent de Thalluri, car cette pâle copie aurait été une belle Palme d'Or si elle était sortie avant son génial modèle. Dommage. Mais il reste quelqu'un à suivre, de même que sa troupe d'acteurs, agréables et doués. Une ½uvre forte, puissante, qui mêle douceur et cruauté de l'adolescence, mais s'égare dans des sentiers inutiles. Avec plus de style et moins de clichés, c'aurait été perfectible.

Critique de Cyril

La note: 8,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

# Posté le mardi 12 septembre 2006 14:09

Modifié le samedi 16 août 2008 17:29

8 Femmes (François Ozon)

8 Femmes (François Ozon)
8 Femmes

Réalisé par François Ozon – 2001 – France – Couleur – 1heure 43minutes – Ours d'Argent de la meilleure contribution artistique Festival de Berlin 2001

Avec Catherine Deneuve, Fanny Ardant, Virginie Ledoyen, Emmanuelle Béart, Danielle Darrieux, Ludivine Sagnier, Firmine Richard, Isabelle Huppert...



Résumé: dans une grande villa isolée et enneigée, huit femmes sont, chacune pour une raison différente, venues rendre visite au maître de maison. Mais il se trouve que celui-ci a été assassiné dans la nuit. Bloquées par la neige et en attendant un inspecteur de police, elles enfermées à l'intérieur...


Critique: adapté librement de la pièce éponyme de Robert Thomas, « 8 Femmes » est une comédie dramatico-psycholo-musicale nominée onze fois aux Césars (elle en obtiendra zéro, mais quand même) et à huit millions d'entrées. « 8 Femmes », ou un déroutant changement de voie de François Ozon.

François Ozon. Et il a osé (merci beaucoup à tous, je dédicace mes blagues le...) : déjà, il a osé un projet extravagant qu'est de réunir huit actrices parmi les plus grandes françaises et de les diriger dans une comédie musicale / drame (on ne sait pas trop) absolument inattendue. A voir la suite de sa carrière, « 8 Femmes » est très surprenant, car c'est un film plutôt léger, une mascarade sympathique sans grande prétention, alors que « Le Temps qui reste », « 5 x 2 » et les autres sont loin d'être un amusement tout publics.

Avertissement à ceux qui ignorent l'histoire : ce n'est pas quelque chose de spécialement intelligent (c'est ce que j'avais cru en voyant Ardant, Deneuve et Darrieux à l'affiche). Le ton est désinvolte, l'humour est de mise, les dialogues sont fondants, la mise en scène survoltée ; le tout pour donner un savant mélange de talent de rigolade à la Française. Certaines scènes valent aussi un franc coup d'½il, comme le baiser langoureux et sentimental de Fanny Ardant et Catherine Deneuve (on ne verra pas ça deux fois) et les chansons quasi-cultes (« t'es plus dans le coup, papa », « Toi, jamais », « Pile ou face »...).

Mais je trouve l'ambiance un peu bourgeoise et pompeuse trop surfaite : certaines jouent un peu sur leur statut et ne se laissent pas aller (je pense à madame Ledoyen, un peu l'héroïne du film, un peu moins douée que les autres). Allons, c'est bien pardonnable : régalons-nous des restes, en l'occurrence une heure 43 en compagnie de grandes dames, qui retrouvent leur fougue d'antan (pour certaines) ou crèvent l'écran (pour les autres). Dans tous les cas, un joyeux divertissement bon enfant que tout le monde appréciera.

Jolie parenthèse d'Ozon, il a eu raison de se remettre aux drames psychologiques : pousser le bouchon encore plus loin en rempilant un film du même style aurait été lourd et inefficace. Mais celui-là respire le calme, la fantaisie et l'insouciance, c'est une réussite. Embauchez-moi pour « 8 Hommes ».

Critique de Cyril

La note: 15 / 20

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# Posté le mardi 12 septembre 2006 14:17

Modifié le samedi 16 août 2008 17:29

Miami Vice – Deux flics à Miami (Michael Mann)

Miami Vice – Deux flics à Miami (Michael Mann)
Miami Vice – Deux flics à Miami (Titre original : Miami Vice)

Réalisé par Michael Mann – 2006 – USA – Couleur – 2heures 18minutes

Avec Colin Farrell, Jamie Foxx, Naomie Harris, Gong Li...

Citation du film: « Je vous prie de bien vouloir me parler avec un peu plus de respect. » « Pas de problème, sale fils de p..., dis-moi juste à quelle heure je dois t'appeler pour concrétiser le deal. »



Résumé: deux flics ex-taulards décident de coincer en flagrant délit une organisation de stupéfiants. Pour cela, ils se font passer pour dealers et infiltrent le milieu, pour pouvoir se rapprocher de leur cible : le chef de ce cartel. Mais ces derniers prendront la petite amie d'un des deux flics en otage...


Critique: attendu depuis l'excellent « Collateral », le nouveau Mann a séduit la critique professionnelle ainsi que les spectateurs. Sorti en fin d'été (pas malin, ça), les entrées sont honorables mais pas non plus exorbitantes.

Je crois comprendre pourquoi : avec une publicité soutenue, le nom de Mann, Farrell et Foxx en tête d'affiche, beaucoup se sont précipités – comme moi – dans les salles obscures. Et là : déception. Le scénario ne repose sur rien (sinon une histoire bateau complètement branlante), les dialogues sont clichés (on peut les deviner à l'avance, vous savez, c'est du genre : « hey man, j'vais faire passer ta coke »), et les prestations des deux acteurs ne sont pas transcendantes.

Foxx, que j'ai vu plus inspiré dans « Ray », semble à la peine avec son flic et amant de personnage. Farrell, lui, ferait mieux de repartir pour une cure avec Malick : il assure, tout juste, mais ses attitudes de visage, sa gestuelle et son nouveau look ne sont pas convaincants. Les seconds rôles sont en revanche fort bien assumés par mesdames Harris (révélation du deuxième « Pirates des Caraïbes ») et Li, admirables en femmes fatales. Tableau bien terne jusqu'à présent.

Comme toujours, un point va me retenir de filer un 3 / 20 : c'est Michael Mann en personne. Il filme la violence avec un réalisme brut à la Dardenne (je vous jure que c'est vrai), place sa caméra où il faut pour susciter un suspense dont il a le secret, et met en scène avec énergie. Son style inimitable sauve Miami Vice du titre de « mauvais film », car en plus du sujet navrant et des stéréotypes (bad boys en Porsche Cayenne, hors bord...), il souffre d'un ennui terrible : ou bien l'action est intense, ou bien on s'endort aussi sec.

Pas désastreux non plus, j'avoue avoir été déçu surtout au vu du bon accueil de la critique. Si vous étiez fan de la série ou si vous êtes amoureux (se) d'un des acteurs principaux, alors d'accord, allez-y. Sinon, à moins d'être insomniaque ou d'aimer le déjà-vu, on peut s'en passer sans grand regret. A mon grand regret.

Critique de Cyril

La note: 10 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

# Posté le mardi 12 septembre 2006 14:28

Modifié le samedi 16 août 2008 17:28