Réalisé par Tim Burton - 1990 - USA - Couleur - 1heure 47minutes
Avec Johnny Depp, Winona Ryder, Dianne Wiest, Vincent Price...
Citation du film: "Comment tu connais cette histoire, mamie?" "Je...je le sais, c'est tout."
Résumé: une représentante de produits de beauté (Dianne Wiest) vit dans un quartier résidentiel américain avec ses voisines encombrantes, son mari, sa fille (Winona Ryder) et son fils. Un jour, elle va proposer ses services au château gothique situé non loin de sa maison. Elle y fera la connaissance d'Edward (Johnny Depp), un jeune homme doté de ciseaux à la place des mains, "produit" non achevé de son ingénieur. Aussitôt, elle lui propose de venir habiter quelques temps chez elle...
Critique: ça commence à se savoir. Je n'aime pas Burton, c'est un fait. Trop gnan-gnan, trop poète moderne façon "ciné d'auteur avec plein de thune dedans", je suis aussi effaré quand trop d'honneur lui revient lorsqu'il débarque avec une de ses nouvelles trouvailles. Je débute le visionnage avec beaucoup d'à priori.
Le film débute. Une vieille mémé raconte un conte de fées à sa petite fille, avec de jolis mots stéréotypés ("il était une fois", et gné gné gné...) et de la neige qui tombe dehors. Aie aie, me dis-je. Et la suite va me retourner à tel point que je regrette preque d'avoir dit tant de mal de son réalisateur. Tout, absolument tout est étudié et a un but précis, bien que dissimulé sous des aspects enchanteurs: ainsi, nous avons une dénonciation virulente de la société américaine, de l'intolérance...
La décoration, comme toujours chez Burton, est à la hauteur de l'évènement: le château, admirable de réalisme (ou plutôt d'irréalisme, au choix), ou les maisons sont toutes témoins de la folie furieuse passée dans l'esprit de son concepteur lors de l'écriture du scénario. La musique d'Elfman, irréprochable, sert aussi grandement le film et l'inscrit définitivement dans la voie du féerique: c'est une fable réaliste-surréaliste. Quant au casting, il va de soi que je pourrais disserter de longues heures sur la prestation de Depp, mais l'admiration pour lui me manque encore un peu pour y trouver cette force.
Peu importe que l'on admire Burton ou non, l'effet produit au final est ravageur, que dis-je, dévastateur. On en ressort complètement amorphe, après avoir pris une telle charge d'émotion en pleine face: Edward, l'un des héros les plus attendrissants du septième art, et la fin qui lui est réservée sont deux facteurs qui participent pour beaucoup dans notre perception du film. C'est donc une gentille satire de la société (à la manière d'American Beauty dix ans plus tard) doublée d'une esthétique phénoménale et appuyée par un acteur principal au sommet de son art (oui, j'insiste, il est meilleur en Edward qu'en capitaine pirate bourré).
Conte actuel sur le racisme, les discriminations, la TV-Society, Edward aux mains d'argent n'est ni plus ni moins que le meilleur film de son auteur, que j'aurais presque envie d'excuser pour ses oeuvres à suivre. En effet, ce seul film respire la pureté, la beauté, et l'éclat immaculé de l'âme du couple Depp-Ryder à l'écran. Cela ne fait pas de Burton un bon cinéaste pour autant.
Critique de Cyril
La note: 16,5 / 20
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