300 (Zack Snyder)

300 (Zack Snyder)
300

Réalisé par Zack Snyder - 2007 - USA - Couleur - 1heure 55minutes

Avec Gerard Butler, Lena Headey, Rodrigo Santoro...

Citation du film: "Celui qui se prenait pour un Dieu sentit un frisson très humain lui parcourir la colonne vertébrale."

- 12 ans



Résumé: le roi spartiate Leonidas décide, contre la volonté du conseil des Ministres et celle des oracles, de partir repousser les Perses, menés par le terrible Xerxès. En compagnie de seulement 300 hommes - les plus valeureux, costauds et doués au combat de son armée -, il va tenter une stratégie particulière: forcer l'armée perse à s'engouffrer dans un canyon pour que leur surnombre (ils sont 1 million) ne soit plus déterminant. Dès lors, la bataille peut débuter: elle restera comme l'une des plus sanglantes de l'Histoire; la bataille de Thermopyles...


Taille-moi les hanches...à la hache...


Critique: deuxième film pour Zack Snyder, surdoué de la caméra, qui après son excellente "Armée des morts" en 2004, bénéficie de la confiance des producteurs hollywoodiens, décidés à confier à un jeune talent l'adaptation de la BD de Frank Miller.

Frank Miller, souvenons-nous, avait co-réalisé avec le stupide Robert Rodriguez l'adaptation d'une de ses bandes dessinées en 2004, "Sin City". On retrouve de logiques points communs esthétiques entre ce dernier et 300: l'apparition fugace de noir et blanc, l'omniprésence du rouge écarlate à l'écran, les ralentis à la "Matrix", puis accélérations...Tout une mise en scène assez impensable pour un film de guerre, qui plus est antique, mais j'avoue avoir été surpris de la qualité des batailles et de la beauté novatrice de ces combats filmés en plans-séquences, qui loin d'ôter du rythme, renforcent l'intensité épique et donnent le sentiment que pour une fois, devant un film de guerre à gros budget, le spectateur n'a pas été pris pour un con.

Pas pris pour un con, c'est certain. On peut même se plaire à déceler en cette guerre "pour libérer le peuple Perse de la tyrannie" une référence à l'esprit des Etats-Unis face au communisme (leur engagement dans la guerre du Vietnâm était pour les mêmes raisons), ainsi que d'autres allusions assez plaisantes à notre société (nous en sommes loin, pourtant). En revanche, et c'est là où le film tire son originalité, il n'y a aucun souci de vérité dans la reconstitution des lieux ni même des équipements: la volonté de rester proche de l'univers décalé du comic book de Miller se fait sentir. Originalité aussi dans la bande musicale, composée essentiellement de metal épique: enfin de la nouveauté. Fini les sons des clairons avant la bataille, place aux guitares électriques: l'alliance entre "esthétique du monde actuel" et "représentation de l'Antiquité" paraît antagoniste, mais grâce à son caractère "neuf", m'a donné, je l'avoue, de sacrés frissons.

Toutefois, le début du film tombe parfois dans le pathos: on a droit comme à l'accoutumée à des adieux des femmes à leurs maris avec en fond une musique emphatique, faite de la voix charmante d'une dame qui a l'air de s'être coincé les doigts dans une porte (souvenez-vous de la fin de Troie, c'est la même chose), ainsi qu'à une scène de sexe inutile de trente secondes, dont on se serait passé allègrement - enfin, peut-être pas...Ces quelques points me dérangent: pourquoi avoir tenté un film de guerre résolument nouveau, en employant les mêmes artifices que par le passé? Soulignons quand même l'audace de Snyder, qui comme pour tous les blockbusters, a dû subir des pressions, et a sû apporter un vent de fraîcheur à ce genre qui commençait à devenir poussièreux.

J'oubliais de dire à quel point on sort heureux, heureux d'avoir assisté à la projection d'un objet filmique hybride, comportant quelques défauts mais méritant la considération car comme je le disais plus haut, le spectateur en a pour son argent, tant par la quantité de têtes et bras coupés que par la satisfaction que l'on éprouve à voir un nouveau cinéaste éclore. Un peu creux par endroits, mais malgré tout, une adaptation réussie; je ne l'aurais pas parié en voyant la bande-annonce...

Critique de Cyril

La note: 13 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?
# Posté le mercredi 11 avril 2007 12:02
Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:08

Rosemary's Baby (Roman Polanski)

Rosemary’s Baby (Roman Polanski)
Rosemary's Baby

Réalisé par Roman Polanski – 1968 – USA – Couleur – 2heures 11minutes – Oscar 1968 du meilleur second rôle pour Ruth Gordon

Avec Mia Farrow, John Cassavetes, Ruth Gordon, Sidney Blackmer, Maurice Evans...

Citation du film: « Ce bébé n'est pas le tien ! Son père n'est pas Guy, mais c'est Satan ! Tu as enfanté le fils de Satan, c'est toi qu'il a choisi sur Terre pour procréer sa descendance ! Vive le nouveau-né, vive Satan !»

- 12 ans



Résumé: Guy (John Cassavetes) et Rosemary (Mia Farrow) forment un jeune couple heureux. Lui acteur, ils emménagent dans un vaste appartement du c½ur de Manhattan, qui a néanmoins un passé mystérieux : des sorciers et autres mangeuses d'enfants y auraient vécu. Mais cela ne soucie les soucie pas. Peu après, les voisins de palier, Minnie (Ruth Gordon) et Roman (Sidney Blackmer) se montrent très soucieux à l'égard de Rosemary, qui tombe enceinte. Les voisins vont d'ailleurs lui conseiller un autre gynécologue, Mr.Sapirstein (Ralph Bellamy), mais il ne lui convient pas. De plus, son ami Hutch la met en garde contre les dangers de ce qu'il croit être de la sorcellerie ; quelques jours plus tard, il meurt. Plus de doute : ils veulent l'enfant...


Quand la peur naît de rien (ou presque)


Critique: tenu pour référence en matière de film d'horreur, « Rosemary's Baby » fait trembler les spectateurs depuis bientôt 40 ans. Comment le film a-t-il pu garder tant d'impact malgré le temps qui passe ?

Assurément, par son génie, qui le rend immortel. Je n'ai même pas envie de résumer brièvement l'intrigue ni les actions importantes : ce serait inutile et bien trop long. Je me contenterai de vanter, si besoin est encore, l'incroyable puissance dramatique et les qualités artistiques hors du commun. On frise la perfection. Ici, l'ordinaire génère l'angoisse : les situations prétextes à la peur sont issues de faits tous vraisemblables.

Et dès le début, Rosemary doute : elle entend des bruits suspects, sent une présence suspecte, mais non, rien. Elle ouvre un placard, une porte, puis rien. A force, on commence à ne plus se méfier et croire qu'elle est folle, tout simplement. Que son imagination cumulée à sa grossesse lui fait imaginer des choses absurdes (notamment le premier rêve, où elle croit se faire violer). Mais avec l'accumulation de faits troublants (le livre sur la sorcellerie la renseignera sur beaucoup de points) et le caractère versatile des voisins, on se rend compte qu'elle avait compris, depuis le début, mais qu'elle n'a rien pu faire : tous étaient contre elle.

Ceux susceptibles de l'aider ne la croyaient pas (le docteur Hill, qui lui rend service dans un premier temps, avant de la livrer aux mains du docteur Sapirstein, qui veut son enfant) ou ne voulaient pas se bouger. Seul son ami Hutch, qui s'y connaît en sciences occultes, l'informe bien que mort (tué par un sort), du danger de la situation (en lui donnant une sorte de « Da Rosemary Code »). D'indices en indices, elle se méfie de plus en plus, mais ne peut échapper à ses voisins, son gynécologue et son mari réunis.

Chaque regard, sourire ou geste peuvent être interprétés comme suspects et provoquent une angoisse terrible. J'ose à peine imaginer les douleurs de l'enfantement, et voir cette ravissante femme aux mains de bouchers (il n'y a pas d'autre mot) me donne la chair de poule. Les voisins, d'ailleurs, sont interprétés à la perfection par deux joyeux acteurs très inspirés : ils donnent à leurs personnages (des fous furieux qui droguent les gens pour voler leur enfant) un air de gentils vieillards de bonne volonté.

Et au final, la surprise est au rendez-vous. Et la scène, magistrale. Filmée en divers plans, caméra à l'épaule, c'est exactement le type de cadrages polanskiens propres à « Répulsion » et « Le couteau dans l'eau » qui flanquent une trouille monstre. Rien à faire, Polanski est le plus fort : en décrivant cliniquement (c'est le cas de le dire) les protagonistes, en explorant les mythes de la sorcellerie, du satanisme et de l'occulte, en utilisant une mise en scène qui alterne brusque et lent, et en mélangeant suspense et horreur pure, il réalise un véritable tour de force, une allégorie du Mal jamais égalée en intensité et en qualité.

Je passe sur les prestations ahurissantes de Mia Farrow (actrice fétiche – et ex-femme – de Woody Allen) et de John Cassavetes, ainsi que sur les scènes d'anthologie qui constituent le « mythe » du film (le rêve, la scène finale, le déchiffrage du livre avec le Scrabble...). Je conclurai simplement en conseillant ce film aux amateurs de « Scream », « Jeepers Creepers » etc qui ne l'ont pas vu, pour constater que Wes Craven, contrairement à ce qu'on dit, n'a rien inventé. Génial, envoûtant, un pur moment de cinéma.

Critique de Cyril

La note: 19 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

Filmographie (extrait) Roman Polanski:

1965 - Répulsion
1968 - Rosemary's Baby
1979 - Tess
1992 - Lunes de fiel
2002 - Le Pianiste
# Posté le mercredi 11 avril 2007 15:38
Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:08

Elephant Man (David Lynch)

Elephant Man (David Lynch)
Elephant Man (Titre original: The Elephant Man)

Réalisé par David Lynch – 1980 – USA – Noir & Blanc – 2heures 05minutes – Grand Prix Avoriaz 1981

Avec John Hurt, Anthony Hopkins, Anne Brancroft...

Citation du film: « Je ne suis pas un animal ! Je suis un homme... »



Résumé: Londres, 1884. Le chirurgien Frederick Treves (Anthony Hopkins) découvre un homme exhibé dans une foire foraine comme l' « homme-éléphant ». Atteint de neurofibromatose, le professeur l'emmène au London Hospital pour l'ausculter, et il découvre que celui-ci recèle une sensibilité et une intelligence surprenantes...


Plaidoyer pour la tolérance: Miss France n'aurait pas fait mieux


Critique: suite « logique » d' « Eraserhead », réalisé trois ans plus tôt, « Elephant Man » est aujourd'hui considéré comme un des meilleurs Lynch. Son suivant, « Dune », sera le plus mauvais.

Si « Eraserhead », « Mulholland Drive », « Lost Highway » étaient des "thrillers psychologico-fantastiques", « Elephant Man » peut difficilement prétendre à cette qualification. J'y vois plutôt un mélodrame à l'état pur, un quasi docu-fiction sur cette maladie rarissime dont souffre l'homme–éléphant. Avec donc une rigueur et un esthétisme des plus poussés, Lynch tente un audacieux hymne à l'humanité, un plaidoyer pour le respect et la tolérance, en masquant ses arguments derrière une double couche de bons sentiments, parfois légèrements emphatiques.

Lynch a cherché à faire différent, c'est certain. Il creuse un sillon entamé avec "Eraserhead" et poursuit son étude sur les comportements troubles, les marginaux. Mais la photographie en noir et blanc (tout comme « Eraserhead ») n'a pas de valeur autre que créer un effet de décalage avec la réalité, la musique aux accents glauques et lunaires a pour seul effet de renforcer encore le sentiment d'étrangeté...Je trouve que cette alliance de réalisme brut et de "quête de perfection visuelle" provoque un paradoxe: comment suggérer le pathétique lorsque le héros est divinisé et sublimé par des plans léchés, comment lui conférer un statut d'homme (la finalité de ce plaidoyer pour la tolérance) lorsqu'on le rend animal, en le toisant cliniquement au moyen de plans-séquences interminables?

Lynch, avec un scénario travaillé et élaboré à l'extrême, parvient malgré cela à jeter un regard sans concession sur l'Angleterre à l'époque victorienne, et par extension, sur les hommes. Sommes-nous assez tolérants ? Sommes-nous tous égaux devant la vie ? Autant de questions fondamentales que soulève le film, lequel peut aisément convenir au préambule d'un débat sur la condition humaine en cours d'éducation civique. Ca ne ressemble pas à Lynch. Une telle nonchalance, un tel manque de tact...

Certes émouvant, j'appose au film l'étiquette de "victime du syndrome "La Ligne Verte"": jongler avec la frontière du paranormal et briguer secrètement les larmes de spectateurs abasourdis par une pureté apparente des intentions. Courons nous pencher derechef sur « Sailor & Lula » et « Blue Velvet »...

Critique de Cyril

La note: 12,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

Filmographie (complète) David Lynch:

1977 – Eraserhead
1980 – Elephant Man
1984 – Dune
1986 – Blue Velvet
1990 – Sailor & Lula
1996 – Lost Highway
2001 – Mulholland Drive
2004 – Une histoire vraie
2007 - Inland Empire
# Posté le samedi 14 avril 2007 15:09
Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:08

Angel (François Ozon)

Angel (François Ozon)
Angel

Réalisé par François Ozon - 2007 - Angleterre / France - Couleur - 2heures 14minutes

Avec Romola Garai, Michael Fassbender, Charlotte Rampling...

Citation du film: "A en juger votre style d'écriture, j'aurais juré qu'il agissait du manuscrit d'un homme chauve de 50 ans."



Résumé: Angel Deverell (Romola Garai) est la fille d'une épicière de la campagne anglaise. Elle déteste l'école et préfère écrire des histoires d'amour dans sa chambre, dans l'espoir d'être publiée. Un jour, un éditeur, Théo, va accepter son manuscrit de "Lady Irania", une immense saga, et le publier dans tout le Royaume-Uni. Immense succès. Dès lors, riche et célèbre, elle va s'acheter la maison de ses rêves, Paradise House, et rencontrera même l'homme de sa vie, un modeste peintre. Toutefois, la guerre de 14-18 est sur le point d'éclater...


Une romantique romanesque


Critique: dernier film en date du prolifique François Ozon (10 films en 10 ans), "Angel" est aussi son premier tourné outre-Manche, en langue anglaise, avec des acteurs non-francophones - à l'exception de Charlotte Rampling.

Un film que j'attendais avec impatience, que je redoutais aussi, peut-être de peur de voir le projet gâché ou bâclé. Le générique commence: la petite Angel court en rentrant de l'école, une musique guillerette en fond. Les crédits s'inscrivent, en rose fluo dégoulinant: "d'accord, je crois avoir compris", me dit ma tête. Ozon va jouer la carte du glamour / tendance, pour réaliser un long-métrage enlevé, sûrement au rythme tonitruant, aux accents d'un certain "Marie-Antoinette"...

Il est de bon ton de souligner la différence entre le film de Coppola et celui-ci: celui de Coppola s'éxécutait uniquement par la forme, un esthétisme outrancier (mais très agréable) pour donner l'illusion d'une réflexion - je dis bien l'illusion. "Angel" ne cache pas ses prétentions esthétiques et sa volonté de faire dans le kitsch (comme le prouvent les passages où Angel voyage à travers le monde, filmée sur fond bleu avec le rajout d'images exotiques: la mode "Louis de Funès"), dans le rétro, mais ne pouvait être dénué d'un minimum de fondement. Ozon est trop bon pour cela.

Angel, cette jeune femme belle, insolente, chanceuse, à qui tout sourit, est issue d'un milieu modeste, mais problème: elle vient de la campagne. Le film commencera donc par illustrer tous les tourments et difficultés que l'on peut rencontrer lorsqu'on quitte son milieu: florilège prévisible de gaffes à ne faire dans les dîners chics de Londres. Puis, la réflexion progressant, on en viendra à un sujet plus large, qui sera mis en exergue dans une violente opposition entre "riches" et "pauvres": Angel, devenue célèbre, a définitivement basculé dans le monde forclos de l'opulence et du luxe, mais son amant, lui, n'a su s'accommoder aux garden-parties et tasses de thé aux cinq heures pétantes.

Deuxième point intéressant: l'idée d'avoir mis le personnage d'Angel en écart avec la société de son temps, de la faire vivre comme une marginale malgré sa richesse, montre à quel point elle n'a cure de la réalité alentour - je pense à une séquence ahurissante où le mari de sa domestique veut s'engager pour la bataille de la Marne et qu'elle s'étonne d'apprendre qu'une guerre allait avoir lieu. Totalement déconnectée, elle ignore tout sur tout, même jusqu'à sa propre déchéance. Dave - quelle référence - le disait: "un artiste qui décline, c'est comme un cocu: il est toujours le dernier à s'en rendre compte." La guerre, bien qu'elle ne soit pas visible et qu'on ne l'évoque que cinq minutes en tout, est l'élément déclencheur qui perturber la vie d'Angel.

Brisée, elle va cesser d'écrire des romans d'amour et rédigera des pamphlets contre la guerre; immédiatement, le public abandonnera ses oeuvres. Belle satire des lecteurs que ce rejet de la "qualité": ils préfèrent se délecter des livres à l'eau-de-rose bas de gamme plutôt que d'un écrit censé - en réalité, cela montre le malaise de la population, qui veut se distraire plutôt que s'instruire. Cependant, le scénario va verser dans la tristesse, dépeinte avec emphase et lourdeur - à la frontière du pathos: bien entendu, c'est un choix du réalisateur, mais on en vient à regretter la première partie où l'humour, la légèreté et une beauté évanescente s'acoquinaient harmonieusement. On soupire devant ces éternels suicides, décès, pleurs, lamentations, qui certes, suggèrent l'émotion, mais comment les prendre au premier degré? Car s'il le faut pour la première partie, on se distancie difficilement de la seconde, belle et forte.

Dernière constatation: "Angel" est un film uni-central, c'est à dire que toute l'intrigue, tous les dialogues, toute la mise en scène est règlée sur le personnage d'Angel, sans qui rien ne tiendrait plus debout. Les efforts majeurs dans l'écriture du scénario devaient être de concevoir une héroïne au caractère dense, riche, tout en respectant le modèle, Elisabeth Taylor - l'écrivain, pas l'actrice. Défi remporté haut la main: la complexité cachée derrière l'apparente désinvolture de ce protagoniste haut en couleurs fait presque oublier les défaillances légères. Belle, fougueuse, romantique, amoureuse, passionnée et passionnelle...les dithyrambiques abondent pour qualifier cette allégorie de l'amour et de la beauté féminine. Angel ressemble au fantasme de tout homme: une aventurière (dans l'âme), au caractère bien trempé, douée et juvénile, un objet précieux dont on doit prendre soin. Romola Garai trouve, lors de son deuxième film (après "Scoop" de Woody Allen), le rôle de sa vie!

Les dialogues, bien que traduits, demeurent aussi remarquables. En somme, un joyeux exercice de style proche de la tragédie dont on pourra critiquer quelques aspects litigieux, mais conçu toujours dans un souci extrême de procurer du plaisir au spectateur: on dira qu'Ozon a osé, et en soi, cela constitue déjà beaucoup...

Critique de Cyril

La note: 13 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?
# Posté le jeudi 19 avril 2007 15:14
Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:08

Le Feu sous la peau (Paul Goldman)

Le Feu sous la peau (Paul Goldman)
Le Feu sous la peau (Titre original : Suburban Mayhem)

Réalisé par Paul Goldman – 2006 – Australie – Couleur – 1heure 29minutes – Sélection Un Certain Regard Cannes 2006

Avec Emily Barclay, Michael Dorman, Anthony Hayes, Geneviève Lemon...

Accueil fait au film à Cannes: bon (salle convaincue, d'autant plus que l'équipe du film était présente – je remercie d'ailleurs l'actrice principale de m'avoir fait la bise, c'est gentil, car vu comme j'étais habillé ce jour-là, j'avais plutôt l'air d'un vendeur de beignets égaré)



Résumé: une femme (Emily Barclay) vit seule, car séparée du père de sa fille. Problème : elle est encore très jeune, et passe son temps dans les boîtes de nuit, à boire et fumer une multitude d'herbes mystérieuses qui font rire. Les services sociaux décident alors de lui retirer la garde de son enfant...


Les kangourous débarquent en force à Cannes


Critique: l'Australie a débarqué en force à Cannes en 2006, présentant cinq films en tout dans diverses sélections. L'occasion de découvrir un cinéma méconnu sur le Vieux Continent, bien que quasiment similaire au cinéma indépendant américain.

Droguée, amatrice de vodka-whisky-gin (le mélange ne fait pas bon ménage) et de soirées nocturnes, cette jeune mère a « le feu sous le peau ». Une folie intérieure, témoin de sa jeunesse qu'elle compte conserver le plus longtemps possible. Sous une apparence de jolie fille BCBG, elle se révèle être totalement imprévisible, voire dangereuse (la fin se soldera par un meurtre) – et c'est inconcevable quand on a une fille en bas âge. Enflammée, c'est le moins qu'on puisse dire.

L'histoire paraît raisonnable et bien ficelée. Mais trop de maladresses viennent entacher cette bonne idée : par exemple, le film part en tête à queue dans la dernière demi-heure. Plus rien ne rime à rien, ne correspond à rien, tout fout le camp. D'accord, c'est censé représenter le feu sous la peau, mais là, c'est le feu de la Saint-Jean. Il y a aussi un manque de pertinence dans certains dialogues, qui sonnent trop clichés ou trop faciles (les nombreuses réponses onomatopéiques : « Yeah », « for sure », « you know », « well », « so... »...

Qu'est-ce qui sauve Le Feu de la noyade ? Emily Barclay. Une charmante actrice venue d'outre-Pacifique imposer son charisme, sa présence, et son immense talent. Elle justifie à elle seule la vision du film, et selon moi, si le film avait été sélectionné en compétition officielle, les demoiselles de Volver auraient eu du souci à se faire pour leur Prix. Absolument parfaite, elle crève, que dis-je, elle dynamite l'écran avec une volonté de bien faire et un engouement rares. Si bien que les autres acteurs font pâle mine à côté.

Inégal, mais bourré de références intéressantes (Gus Van Sant, Larry Clark, un peu de Lynch aussi), la mise en scène reste énergique et la réalisation originale. Paul Goldman devient quelqu'un à surveiller, de même que la jolie Emily, que j'espère voir combler à nouveau les 20000 kilomètres qui la séparent de nous pour un prochain passage sur la Croisette.

La note: 10,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?
# Posté le vendredi 20 avril 2007 16:47
Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:07