Réalisé par Howard Hawks - 1941 - USA - Noir & Blanc - 2heures 06minutes
Avec Gary Cooper, Joan Leslie, Walter Brennan...
Résumé:
Critique:
Bien que l'un des plus grands rôles de Gary Cooper au cinéma, ce film pâtit de nombreux défauts, impropres et inhabituels chez l'exigeant Hawks, réputé très méticuleux. De maintes incohérences nous amènent de facto vers le but du film, inacceptable: donner une image positive de la guerre, donner le moral et faire vibrer l'élan patriotique des soldats américains à l'heure où s'annonce une nouvelle mobilisation, pour l'entrée en conflit des Etats-Unis contre l'Allemagne.
Pour parvenir à ces fins, les scénaristes, au nombre de 4 - dont un certain John Huston - concoctent des péripéties débiles en fin de film, pour promouvoir une bonne image de l'armée et ainsi donner envie aux jeunes mâles gaillards de s'y engager. La première heure est une brillante représentation de la société rurale américaine, avec ses valeurs (le partage, l'entraîde, la religion, le travail...) et ses stéréotypes (le vieux vétéran, la mère bonne-à-tout-faire, la pasteur magnanime...), mais dès la déclaration de guerre, la machine s'enraye.
Tous les moyens sont déployés pour rendre l'armée positive: on nous dépeint des colonels amicaux, avec qui on peut rigoler, une joie de vivre digne d'une colonie de vacances, des tâches des plus simples à effectuer...Ainsi, la recrue York, pour son habileté au tir, est nommé caporal en deux jours, et à même droit à une permission pour retourner dans sa vallée au près de sa bien-aimée. Ensuite au combat, il brille et tue vingt mittrailleurs aisément. Devenu un héros national, il reçoit quatre médailles militaires, est accueilli en héros dans le monde entier, se voit en couverture de journaux français, allemands, chinois...
Désolé de vous raconter la fin, mais c'est tellement drôle, tant l'irréalisme du dénouement semble vouloir se conjuguer avec des éléments ancrés dans le réel (nous voyons le Maréchal Foch, des batailles avérées, et le héros a été conçu à partir des mémoires d'un soldat). C'est au moins un film de guerre joyeux: on finit dans la joie et la bonne humeur, avec toujours le côté religieux qui prend la mise - "si je suis en vie, c'est grâce à Dieu. Tiens, parlons-en de sa conversion. Elle arrive, comme tous les caractères des personnages, beaucoup trop vite. L'ennemi devient le meilleur ami, le pêcheur est pardonné à la vitesse de l'éclair...merci Jésus, très sincèrement.
Vous comprenez que ça puisse frôler le ridicule à certains moments. Dommage, car la réalisation et la mise en scène sont des plus fines (les déplacements dans le cadre sont fluides et harmonieux, rare pour un film de cette trempe); ce qui prouve bien que Hawks est un grand metteur en scène, puisque non responsable de ce honteux scénario, seul paramètre qui fait défaut au "Sergent York".
La note: 12 / 20
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