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2:37 (Murali K.Thalluri)

2:37 (Murali K.Thalluri)
2 :37 (Titre que vous pouvez également trouver : Two Thirty Seven)

Réalisé par Murali K. Thalluri – 2006 – Australie – Couleur – 1heure 34minutes – Sélection Un Certain Regard Cannes 2006 et Caméra d'Or

Avec Teresa Palmer, Joel Mackensie, Frank Sweet...

Citation du film: « Crevard ! Enculé ! Tu ne mériterais même pas que je vive sur Terre pour que tu me voies ! »

Accueil fait au film: excellentissime (la salle était subjuguée : beaucoup pleuraient, d'autres étaient incapables de parler. Une femme s'est même évanouie au deuxième étage de la salle au moment dramatique le plus intense. Le réalisateur et son équipe, présents dans la salle, étaient rayonnants de bonheur devant un tel succès, et furent ovationnés pendant quinze bonnes minutes – sauf par moi, qui suis parti.)

- 12 ans



Résumé: dans un lycée, chaque élève vit sa vie. Sauf un qui décide de s'enfermer mystérieusement dans les toilettes. Peu à peu, l'inquiétude grimpe : que fait-il ?


Critique: premier film de Murali K. Thalluri, réalisateur australien d'origine indienne, « 2 :37 » fut attendu comme le Messie sur la Croisette. Projeté l'avant-dernier jour, l'attente était insoutenable...et les festivaliers ne furent pas déçus.

Oui, seulement voilà : c'est peut-être un peu prétentieux, mais je suis pas les Festivaliers. Juste un cinéphile comme un autre qui en ouvrant les yeux, constate que « 2 :37 » est certes d'une beauté visuelle indiscutable, mais constate aussi qu'il s'agit d'une copie conforme de « Elephant », de Gus Van Sant. Je ne sais pas si Thalluri nous prenait pour des cons et pensait que nous allions dire « Waouh, quelle imagination ! Les travellings longs, le lycée...c'est totalement nouveau ! », mais je lui adresse un bonjour et la preuve que les cannois de mi-mai ne sont pas des crétins finis.

Voyez-vous, ce n'est pas deux, ni même trois points communs avec « Elephant » que j'ai repérés, mais huit, neuf, dix, et encore, sans être très pointilleux. Les travellings filants qui suivent les personnages, les scènes rejouées plusieurs fois, les filles boulimiques, l'homosexuel refoulé, l'ambiance du lycée, le jeune passionné de photo, les attentes aux casiers...allez, je m'arrête là. Monsieur Thalluri, je sais bien que vous avez vingt-huit ans et que vous débutez, mais évitez à l'avenir de vous pointer avec un truc copié, pompé, refait, et de nous sortir que c'est le pur fruit de votre imagination.

Car ce que vous ne pouvez pas savoir, c'est que le bonhomme est monté sur la scène de la salle pour présenter son film, et qu'il nous dit : « ce film est dédié à un ami, qui s'est suicidé à deux heures 37 de l'après-midi. » Bel hommage. Tout le monde était là : « oh, c'est trop beau, il a fait le film avec son c½ur, il a du souffrir durant le tournage... » Oui, c'est mignon, mais amadouer le public ainsi est d'une bassesse...Allez, je m'arrête de critiquer ce pauvre cinéaste sans personnalité ni style, qui j'espère trouvera ses marques.

Et si l'on excepte toutes les bonnes trouvailles empruntées à l'ami Gus, il y a du bon dans le scénario, mais aussi quelques petites erreurs de jeunesse qui paralysent un peu le déroulement. Par exemple, tous (j'ai bien dit tous) les personnages sont clichés, des archétypes ultra-connus de l'intello, de l'homo, de la bimbo, du sportif...Il y a aussi un regard complaisant et porteur de compassion envers eux, comme s'il Thalluri s'imaginait leur père, alors qu'il a cinq ans de plus. Hilarant.

Néanmoins, la mise en scène, bien qu'inspirée d' « Elephant », reste sensationnelle et bien ficelée. Le système du « compte à rebours » efficace et la légèreté coppolienne (ça rappelle aussi un peu « Virgin Suicides »...) avec laquelle est traitée le sujet font oublier les nombreux défauts, et font patienter un peu jusqu'au dénouement, paroxysme dramatique insoutenable. Je ne le dévoilerai pas, mais cette dernière scène (le suicide) est d'une intensité terrible : dur de ne pas fermer les yeux ou de ne pas se sentir mal. Ravageur, on en sort troublé, dévasté parfois, mais jamais indifférent.

Je ne me prononcerai pas plus sur le talent de Thalluri, car cette pâle copie aurait été une belle Palme d'Or si elle était sortie avant son génial modèle. Dommage. Mais il reste quelqu'un à suivre, de même que sa troupe d'acteurs, agréables et doués. Une ½uvre forte, puissante, qui mêle douceur et cruauté de l'adolescence, mais s'égare dans des sentiers inutiles. Avec plus de style et moins de clichés, c'aurait été perfectible.

Critique de Cyril

La note: 8,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?
# Posté le mardi 12 septembre 2006 14:09
Modifié le samedi 16 août 2008 17:29

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