Jeux d'enfants (Yann Samuell)

Jeux d'enfants (Yann Samuell)
Jeux d'enfants

Réalisé par Yann Samuell - 2002 - France - Couleur - 1heure 37minutes

Avec Marion Cotillard, Guillaume Canet...



Résumé: deux enfants rythment leur vie au son d'un jeu dangereux: Cap ou pas cap? Les années passent, et le jeu perdure. Mais ils sont désormais adultes, ont une vie, et ce qui n'était qu'une plaisanterie d'enfants prend alors une dimension beaucoup plus importante...


Critique: Pour son premier film dont aucun distributeur ne voulait (il a fait quatre millions d'entrées en France), Yann Samuell a frappé fort, très fort. "Jeux d'enfants" ne se classe dans aucune catégorie, et chamboule toutes les règles: un beau moment de cinéma en perspective.

Porté par deux acteurs géniaux survoltés et plus qu'inspirés - j'ai nommé le couple Canet-Cotillard -, ce long-métrage séduit et...ne fait que séduire justement. Une atmosphère féerique aux dominantes rose-rouge-bleu, des tons pastel, une musique enchanteresse, bref, c'est bel et bien un jeu d'enfants auquel on assiste. Et quel jeu: une provocation sans limites, menée par la belle et douée Marion Cotillard qui avec son charme, rend la partie de "Cap ou pas cap" troublante, voire infernale. Car si le film débute dans la poésie et la douceur, il évolue entre sexe, amour, et s'achève en thriller maniaque incontrôlable.

Je disais en début de critique que "Jeux d'enfants" ne respecte rien ni personne: sans cesse, il y a des revirements de situation, des coups de théâtre, de l'action, du suspense, et surtout, une attente insoutenable, car les personnages, même si ils ont une vie séparée, s'aiment depuis toujours et ne cesseront jamais de vivre autrement que par leur petit jeu. On l'espère tout le long, qu'un moment, ils se retrouveront face à face et s'avoueront tout. Ce qu'ils feront de façon sous-entendue. Mais je cherche là un message caché là où il n'y en a pas: le film se contente de nous émouvoir, avec cette histoire folle et impossible, en nous faisant espérer justement qu'elle est réelle; alors que tout nous montre le contraire.

Et dieu que c'est beau. Ca ressemblerait presque (je dis bien presque, car Samuell n'en est qu'à son premier film, on ne mélange pas les boulets et les canons) à un Sofia Coppola: un mélange de glamour, de tendance, de folie, et voici un cocktail détonnant, regorgeant de bonnes idées et d'émotion.

Prenez "Amélie Poulain", "Lost In Translation", ajoutez-y un zeste de poésie et de naïveté, vous obtiendrez "Jeux d'enfants", un régal visuel et une fable moderne, véritable hymne à l'amour et à la jeunesse éternelle.

Critique de Cyril

La note: 12,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le lundi 15 mai 2006 07:01

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 05:55

Carnets de Voyage (Walter Salles)

Carnets de Voyage (Walter Salles)
Carnets de Voyage (Titre original: Diarios de Motocicleta)

Réalisé par Walter Salles - 2004 - Argentine / Brésil - Couleur - 1heure 58minutes - Sélection Officielle en Compétition Cannes 2004

Avec Gael Garcia Bernal, Rodrigo de la Serna, Mia Maestro...



Résumé: Janvier 1952. Deux jeunes diplômés de médecine désinvoltes et dragueurs quittent études, famille et lieu de résidence pour parcourir 8000 kilomètres à travers l'Amérique du Sud, en traversant l'Argentine, la Patagonie, le Pérou et le Venezuela. Ce long et éprouvant voyage entamé à moto et achevé à pied transformera à jamais les deux compères, surtout le plus jeune, Ernesto Guevara de la Serna (Gael Garcia Bernal), qui deviendra par la suite le célèbre Che Guevara...


Critique: Inspiré du journal de bord du Che "Diarios de Motocicleta" (Voyage en mobylette, en français) et du journal de son ami "Con el Che por America Latina", "Carnets de Voyage" est un film humaniste, simple, donc beau et bouleversant. Récit.

En choisissant de narrer la vie du plus célèbre révolutionnaire de tous les temps, Salles relève un pari audacieux, qui aurait pu le mener à réaliser un film historique à deux sous que trois grand-mères seraient allées voir en salles. Il n'en est rien: sans aucune arrière-pensée militante ou esprit communiste précoce, on assiste simplement à une initiation à la vie, un choc frontal contre la réalité, lequel laissera des séquelles irréversibles au jeune Ernesto.

Baigné par une atmosphère très "latino" (donc une musique semblable, et de plus, excellente), les héros évoluent dans de somptueux décors naturels tels que la Cordillère des Andes, les rives de l'Amazone ou le Machu Picchu. La nature tient donc une place importante dans ce road-movie coloré, et bercé au son des banjos. Le film est respirant, pur. C'est une bouffée d'air, un message universel au respect de la faune et de la flore, mais avant tout, le propos réside dans le personnage principal et son attitude.

Fabuleux homme qu'était dans sa jeunesse Ernesto Guevara. Au caractère bien trempé, à l'honnêteté parfaite, et surtout, au courage sans bornes, il illumine littéralement le film, par sa personnalité forte et son charisme. Incarné à la perfection par Gael Garcia Bernal (fiancé de Natalie Portman, soit dit en passant), qui trouve certainement là le rôle de sa vie, et aurait amplement mérité le Prix d'Interprétation, Che Guevara revit et découvre avec nous la misère régnant sur le continent, la montée du Communisme, et les arrestations des polices corrompues. La révélation de ce visage de l'Amérique Latine le changera à jamais. Nous aussi.

Sans réel défaut, mais simplement juste, humble et généreux, "Carnets de Voyage" est un grand film de Walter Salles, qui mérite son succès critique et public, et qui est injustement passé à côté d'une récompense cannoise en 2004.

Critique de Cyril

La note: 12,5 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le lundi 15 mai 2006 07:09

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 05:53

Camping (Fabien Ontoniente)

Camping (Fabien Ontoniente)
Camping

Réalisé par Fabien Ontoniente - 2006 - France - Couleur - 1heure 37minutes

Avec Franck Dubosc, Gérard Lanvin, Claude Brasseur, Mathilde Seigner, Antoine Duléry...



Résumé: un riche homme d'affaires (Gérard Lanvin) part en vacances dans une luxueuse station balnéaire espagnole. Mais son Aston Martin tombe en panne, et le lieu le plus proche pour résider en attendant la réparation de la voiture est le Camping des Flots Bleus, où séjournent depuis des années une joyeuse bande composée entre autres de Patrick Chirac (Franck Dubosc) ou encore Jacky Pic (Claude Brasseur)...


Critique: dédié à la mémoire de l'immense Jacques Villeret (qui aurait dû jouer au côté de ce casting déjà exceptionnel, mais est malheureusement décédé avant le début du tournage), "Camping" reste fidèle à la tradition Ontoniente: prise de tête zéro, cent pour cent déconne. Et l'occasion aussi de révéler un (futur) bon comédien, en la personne de Franck Dubosc.

Le réalisateur l'a reconnu lors d'une interview pendant la promotion du film: "Camping" tourne rapidement au one-man show. Dubosc monopolise les vannes, la parole, les répliques, bref, il laisse une place secondaire à ses partenaires, pourtant bien plus confirmés que lui. Mais il s'en sort bien (faire rire, c'est son métier, en même temps) et parvient à faire franchement bien se marrer, rien qu'avec son look de beauf, fringué avec un marcel rose, sa 306 tuning pourrie, et son CD du Best Of de Claude Barzotti. Lanvin est quant à lui plus discret, mais signe une honorable prestation en "victime" des campeurs. Seigner est par ailleurs toujours aussi douée, notamment dans la scène bientôt culte de sa rupture avec Antoine Duléry, où elle lève sa jupe au milieu du resto, se tape sur les fesses et lance un génial "Bail à céder!". La plus merveilleuse performance demeure celle de Claude Brasseur, qui, à bientôt 70 ans et 100 films, est plus que jamais dans une forme éclatante.

Mais l'intérêt du film est dans tous les clichés du camping, entre les soirées pourries (ambiance Début de Soirée, Patrick Sébastien, et Compagnie Créole), la queue dans les douches, les boîtes de Benco et les BN, les moustiques, les courses en palmes...Car c'est du vécu: Dubosc, qui coécrit le scénario, passe depuis 30 ans ses vacances en camping, et transmet donc son savoir pour donner une comédie criante de vérité. Au-delà de l'ambiance "apéro-pétanque-tongs", il y a une petite touche d'amour (insufflée par l'aventure entre le jeune surfeur et la fille de Lanvin) et surtout, un message clair: les beaufs sont des gens comme les autres.

En effet, Lanvin incarne un personnage à l'esprit étriqué qui ne supporte pas le "peuple", les gens "normaux", que les campeurs, avec leur gentillesse et leur humanité, vont tenter de faire apprécier les plaisirs simples de la vie: le Pastis et le volley. Et là où le film est différent, c'est que contrairement à ce qu'on pouvait attendre, ils ne parviennent pas à le faire. De plus, Dubosc prononce à la fin un discours émouvant, où il pleure et hurle d'énervement: ça surprend, voire choque, de voir l'humoriste le plus en vogue actuellement en larmes.

Malgré quelques petits défauts (vannes un peu grasses, pompées du spectacle de Dubosc, comme le "Pastis par temps bleu, Pastis délicieux") pas bien graves, "Camping" est un bon moment de divertissement que les jeunes à partir de 12 ans et les autres apprécieront, pour peu que l'on se laisse emporter par l'esprit vacances omniprésent. Un peu pompé des "Bronzés", mais distrayant.

Critique de Cyril

La note: 9 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

# Posté le lundi 15 mai 2006 07:16

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 05:54

Les grands cinéastes: Martin Scorsese

Les grands cinéastes: Martin Scorsese
Martin Scorsese

Réalisateur, producteur, producteur exécutif, producteur délégué, scénariste et acteur américain né le 17 novembre 1942 à Flushing, Long Island (New York, Etats-Unis )


Souffrant d'asthme, Martin Scorsese fréquente assidûment les salles de cinéma de Little Italy dès son adolescence. Il souhaite devenir peintre, puis prêtre avant d'entamer ses études à New York University où il tourne ses premiers courts métrages. En 1965, il commence à travailler sur Who's that knocking at my door ?, son premier long métrage avec Harvey Keitel dans le rôle principal, qu'il ne termine que quatre années plus tard. Entre temps, il s'est fait renvoyer du tournage des Tueurs de la lune de miel au bout d'une semaine et effectue quelques travaux de montage. Le cinéaste est alors approché par Roger Corman qui lui propose de financer son second long métrage, Bertha Boxcar (1972). Mécontent des contraintes imposées par le producteur, il cherche à revenir à un sujet plus personnel et finit par trouver les fonds nécessaires au tournage de Mean streets (1973). Le film marque sa première collaboration avec son acteur fétiche Robert De Niro et impose Scorsese comme un des réalisateurs les plus prometteurs de sa génération.

Le cinéaste accepte ensuite de faire ses preuves sur une oeuvre plus commerciale. Alice n'habite plus ici (1974) démontre qu'il peut s'adapter à tout types de sujets. Ellen Burstyn remporte l'Oscar de la meilleure actrice pour sa performance dans le film. En 1976, le cinéaste fait sensation à Cannes en remportant la palme d'or pour Taxi Driver, l'histoire d'un vétéran du Vietnam solitaire obsédé par la saleté des rues new yorkaises. Scorsese entame alors une période difficile de sa vie. Le tournage de New York, New York (1977) totalement désordonné laisse le cinéaste déprimé. Abusant des drogues, il est au bord du suicide avant de se reprendre. De Niro lui propose de tourner une biographie du boxeur Jack La Motta. Scorsese fait de Raging Bull (1980) sa rédemption. En 1990, les critiques américains l'élisent comme le meilleur film de la décennie.

Les années 1980 sont commercialement difficiles pour Scorsese. Il se tourne vers la comédie avec La Valse des pantins (1983) et After Hours (1985), prix de la mise en scène à Cannes, qui ne séduisent pas le grand public. Il doit donc à nouveau tourner un film ouvertement plus commercial, La Couleur de l'argent (1987), pour financer un projet qui lui tient à coeur depuis plus de dix ans, La Derniere Tentation du Christ qui choque l'Amérique puritaine. L'investissement d'Universal sur ce dernier projet amène Scorsese à tourner pour le studio Les Nerfs à vif (1991), remake du film homonyme de Jack Lee Thompson.

En 1990, puis 1995, Scorsese offre deux brillantes explorations du monde de la mafia avec Les Affranchis et Casino. Il y démontre avec style les impasses du rêve américain. Les films bénéficient des performances inoubliables de Joe Pesci et Robert de Niro. Cadre d'un drame amoureux dans Le Temps de l'innocence (1993) ou de la crise spirituelle d'un ambulancier dans A tombeau ouvert (1999), la ville de New York tient une place de choix dans l'oeuvre du cinéaste. En 2002, Scorsese lui consacre une grande fresque épique, Gangs of New York, sur laquelle il a travaillé plus de 25 ans. Le film retrace l'affrontement d'américains et de nouveaux immigrants en pleine guerre civile.

Avec de nombreux chefs d'œuvre à son actif, Scorsese est sans conteste l'un des plus importants des années 70-80.

Extrait de la filmographie :

1973 - Mean Streets
1976 - Taxi Driver
1980 - Raging Bull
1990 - Les Affranchis
2002 - Gangs of New York
2004 - The Aviator

# Posté le lundi 15 mai 2006 07:37

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 05:48

Les grands cinéastes: Jean-Luc Godard

Les grands cinéastes: Jean-Luc Godard
Jean-Luc Godard


Réalisateur, acteur, chef monteur, dialoguiste, monteur, producteur et scénariste suisse.

Jean-Luc Godard est né le 3 décembre 1930 dans une famille de la bourgeoisie franco-suisse. Durant la seconde guerre mondiale, il est naturalisé suisse. Il commence ses études à Lyon avant de retourner à Paris en 1949 où il obtient une maîtrise en ethnologie à La Sorbonne. C'est à cette époque qu'il rencontre François Truffaut, Jacques Rivette et Eric Rohmer. Avec les deux derniers, il fonde La gazette du cinéma, puis devient critique à Arts et aux Cahiers du cinéma.

En 1954, il fait ses premiers pas derrière la caméra avec son premier court-métrage Opération Béton. Il faut attendre 1959, pour qu'il réalise son premier long métrage, A bout de souffle, un gros succès critique et public, qui sera le film-phare de la Nouvelle Vague. C'est le début d'une série de films où Godard pense le cinéma en réinventant la forme narrative : Une femme est une femme, Le Petit Soldat (censuré car il abordait ouvertement la Guerre d'Algérie, sujet tabou de l'époque), Les Carabiniers, Le Mépris, Pierrot le Fou, Alphaville, une étrange aventure de Lemmy Caution et Masculin-Feminin. Il participe également à des films collectifs : Les Plus belles escroqueries du monde et Paris vu par....

Mai 68 : Godard est un militant actif et son cinéma devient un moyen de lutter contre le système (La Chinoise, Week-End). Il prône un cinéma idéaliste qui permettrait au prolétariat d'obtenir les moyens de production et de diffusion. Il part alors à l'étranger (New York, Canada, Cuba, Italie, Prague) où il commence des films qu'il ne terminera pas ou qu'il refusera de voir diffuser (One American Movie, Communication(s), British Sounds, Lotte in Italia). Les années 70 sont celles de l'expérimentation vidéo : Numéro deux, Ici et ailleurs, "Jean-Luc six fois deux" et "Sur et sous la communication".

En 1980, il revient à un cinéma plus grand public qui attire des acteurs de renom. Il se retrouve sélectionné au festival de Cannes trois fois : Sauve qui peut la vie (1980, avec Isabelle Huppert et Jacques Dutronc), Passion (1982), Détective (1985 avec Johnny Hallyday) et obtient le Lion d'or au Festival de Venise pour Prénom Carmen (qui révèle Maruschka Detmers). Mais ses films continuent à faire scandale : Je vous salue Marie est censuré en France et dans le monde.

Dans les années 90, Godard fait un retour à l'expérimentation : JLG/JLG, For Ever Mozart, Histoire(s) du cinéma (une vision filmée et personnelle de l'histoire du cinéma) et Eloge de l'amour, présenté sur la Croisette. Le cinéaste y fait son retour trois ans plus tard avec Notre musique, triptyque sur l'Enfer, le Purgatoire et le Paradis présenté en sélection officielle hors compétition. C'est la huitième venue de Godard à Cannes.

Cinéaste controversé, vénéré, détesté, incompris, novateur, Jean-Luc Godard a marqué l'histoire du cinéma.

Extrait de la filmographie :

1960 - A bout de souffle
1961 - Une femme est une femme
1963 - Le Mépris
1969 - One plus One
1979 - Sauve qui peut (la vie)
1983 - Prénom: Carmen
1994 - JLG par JLG

# Posté le lundi 15 mai 2006 11:04

Modifié le dimanche 12 juillet 2009 05:47