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L'ami de la famille (Paolo Sorrentino)

L'ami de la famille (Paolo Sorrentino)
L'ami de la famille (Titre original : L'amico di famiglia)

Réalisé par Paolo Sorrentino – 2006 – Italie – Couleur – 1heure 53minutes – Sélection Officielle en compétition Cannes 2006

Avec Giacomo Rizzo, Clara Bindi, Laura Chiatti, Fabrizio Bentivoglio...

Citation du film: « Ne vous inquiétez pas, je suis usurier. Je vis sous un nom d'emprunt. »

Accueil fait au film à Cannes: assez mauvais (j'étais à la projection de 22h 30, et le rythme lent du film a endormi beaucoup de monde. De plus, la presse fut assassine le lendemain)



Résumé: un vieil usurier (Giacomo Rizzo) prête de l'argent aux gens refusés par les banques. Il se débrouille toujours pour récupérer le remboursement. Mais un jour, on vient le solliciter pour un prêt de près d'un million d'euros...


Critique: son deuxième long-métrage, l'excellent « Les Conséquences de l'amour », avait été retenu par Thierry Frémaux pour une place en compétition cannoise. Tarantino et son jury ont préféré récompenser Michael Moore et son politiquement incorrect « Fahrenheit 9 /11 ». Injustice sans nom.

Oui, surtout que pour un réalisateur de 34 ans, Sorrentino se débrouille comme un chef : aux influences multiples, on sent des touches de Lynch (les obsessions psychologiques), de Von Trier (les personnages rugueux et vicieux) et Michael Mann (je sais, ce n'est pas glorieux, mais c'est pour l'aspect très calculé et perfectionné des plans). Et je dois dire aussi que j'ai été subjugué littéralement par la maîtrise visuelle de ce futur grand : les panoramiques, d'une beauté inqualifiable, me donnaient envie de pleurer.

Ca fourmille de pureté et de talent dans tous les coins : des mouvements de caméra parfaits (je me souviens d'un panoramique le long du comptoir d'une boucherie, en suivant le vendeur) à la photographie raffinée, Sorrentino fait avant tout dans l'élégance et la classe. C'est agréable à voir, et c'est réjouissant de découvrir un tel potentiel chez un jeune cinéaste. Egalement très positif, la prestation de Giacomo Rizzo, respectable acteur italien, qui, bien qu'inconnu en France et absent des écrans depuis les années 80, a tourné avec Bertolucci, Pasolini, Wilder, Antonioni entre autres.

Il campe à merveille (pour moi, le Prix d'interprétation n'aurait pas du échouer aux Indigènes, bien que très bons : c'était lui) un usurier sans scrupules, au caractère très « mafioso » et au franc-parler rude, qui se voit confronté à la police, aux affres de l'amour, à la vie...porteur d'une multitude de vices (misanthrope, radin, susceptible...), voilà un héros haut en couleurs. Mais tout s'écroule : le mélange des genres est mal négocié, et l'ennui s'invite à ce banquet indigeste parfois, où l'on se perd facilement. L'esprit embrouillé, on ressort déçu devant une telle perfection artistique gâchée par un manque de finesse dans le scénario.

La sanction fut immédiate : les journaux furent odieux, et le film privée de récompense. Malheureux sort réservé à cet as de la mise en scène et de la technique, qui aura sûrement des jours meilleurs et une future sélection en compétition, histoire de s'immiscer un peu plus haut dans le Palmarès. C'est tout le mal que je lui souhaite.

Critique de Cyril

La note: 11 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

Filmographie (complète) Paolo Sorrentino:

2001 - L'Uomo in più
2004 – Le Conseguenze dell'amore
2006 – L'amico di famiglia
# Posté le samedi 28 octobre 2006 13:32
Modifié le samedi 16 août 2008 17:27

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