Réalisé par Tim Burton – 2005 – USA – Couleur – 1heure 56minutes
Avec Johnny Depp, Freddie Highmore, Christopher Lee...
Résumé: Charlie (Freddie Highmore) vit en Angleterre avec sa famille dans une cabane délabrée. Très pauvre, il a droit seulement à un cadeau par an : une barre de chocolat Wonka. Un jour, un concours est organisé : cinq tickets d'or sont dissimulés dans des barres de chocolats, et en obtenir un signifie gagner une visite de la chocolaterie, ultrasecrète jusqu'alors. Quatre ignobles bambins trouvent les premiers, et c'est Charlie qui hérite du dernier sésame pour une journée avec le mystérieux Willy Wonka (Johnny Depp)...
Critique: nouvelle trouvaille de celui que l'on appelle « le nouveau génie du septième art » ou encore « le maître du fantastique », cette adaptation par Burton du classique de Roald Dahl donne l'occasion à son interprète principal de s'illustrer et à son réalisateur de renflouer son compte en banque.
Je vais débuter par un coup de gueule (que je pousse souvent – Clémentine, si tu lis les lignes...) : non, Burton n'est pas le nouveau génie du septième art ni le roi de l'imaginaire. Il est même indigne selon moi du titre de cinéaste ; c'est un réalisateur, un point, c'est tout. D'ailleurs, parlons-en, de son imagination « sans limites » selon les médias. Tout le monde en a de l'imagination. Tout le monde peut réaliser des films avec des petits anges, des sorcières et Johnny Depp. La seule différence entre Burton et le commun des mortels, c'est que ce dernier ne touche pas trois millions par film (pour les pourcentages, avances sur recettes, produits dérivés et tutti quanti) et ne bénéficie pas de cent millions de dollars de budget pour la mettre en œuvre.
Je ne dis pas non plus que Burton est le dernier des cons (Sleepy Hollow, Edward aux mains d'argent, Beetlejuice...), mais simplement qu'il ne faut pas l'accabler de compliments – déplacés à mon goût. Voilà, passons donc au film. En faisant un come-back fracassant, l'engouement en salles fut élevé en intensité et en durée (4 millions de spectateurs en plein été : chapeau), pour une œuvre fédératrice et destinée à un public de 3 à 103 ans. Pourvu de qualités artistiques indéniables, ce Burton-là s'ajoute à sa liste de réussites.
Les décors, tous réels (au nombre de 104), sont admirablement bien conçus, la musique, quoique assez bizarroïde, colle bien à l'action, la photographie, somptueuse, est admirable. C'est bien joué. Maintenant, une fois de plus, la majeure raison de voir le film fut : Jooohnnyyy Depp !!! (je revois une scène à la télé où une gamine de 11 ans répondait ça en hurlant au journaliste lui demandant : pourquoi est-tu allée voir ce film ?) Et je m'incline : il illumine ce long-métrage décalé de sa présence fantastique, de ses gestes willywonkiens et de son jeu diversifié au possible.
Il s'ajoute à une histoire archi-connue mais éternelle, qui se veut moraliste : les quatre salopards de « fils de riches » voient les malheurs les affubler, alors que Charlie, seul « innocent », sera le propriétaire de la chocolaterie, car digne de confiance. Sympathique quoiqu'un peu naïf et simplet, les aspects techniques impeccables satisferont les plus pointilleux, et émerveilleront sans doute les plus jeunes esprits. Un divertissement haut de gamme dont on sort rajeuni.
Bien ficelé, concis, précis : « Charlie et la chocolaterie » fait mouche. De par son universalité, tous seront conquis. En espérant juste revoir Burton s'attarder à des projets plus noirs et sombres, qu'il maîtrise mieux selon moi.
La note: 14,5 / 20
Selon vous, quelle note mérite le film ?
Filmographie (extrait) Tim Burton:
1988 – Beetlejuice
1989 – Batman
1994 – Ed Wood
1999 - Sleepy Hollow - La Légende du Cavalier sans tête
2005 – Les Noces Funèbres
