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Chat noir, chat blanc (Emir Kusturica)

Chat noir, chat blanc (Emir Kusturica)
Chat noir, chat blanc (Titre original : Schwarz Katze, Weiss Katze)

Réalisé par Emir Kusturica – 1998 – France / Allemagne – Couleur – 2heures 11minutes – Lion d'argent au Festival de Venise 1998

Avec Barjam Severdzan, Srdan Todorvic, Branka Katic...

Citation du film: "Tes parents te regardent depuis là-haut." "Ils ne peuvent rien voir, il y a des nuages."



Résumé: Matko (Barjam Severdzan), pour faire fortune, tente de détourner un train chargé d'essence. Mais, roulé par ses complices, il s'est endetté auprès d'un parrain de la mafia serbe et auprès de Dadan, qui accepte de passer l'éponge à seule condition : son fils doit épouser sa s½ur, une idiote au caractère impossible...


Critique: production franco-germanique pour Kusturica, quand même double palmedorisé quand on y réfléchit (« Papa est en voyage d'affaires » en 1985, et « Underground » dix ans plus tard). « Chat noir, chat blanc » est très sûrement son film le moins accessible.

Personnellement, je conseille à ceux qui veulent le voir de regarder d'abord d'autres Kusturica ou de lire vingt-cinq livres sur lui, car celui-ci s'avère le résumé de tout son cinéma : barge, loufoque, dingue. C'est également un film à voir reposé : il y a déjà tellement d'agitation sur l'écran qu'en rajouter ne serait pas raisonnable. Pour clôturer ce premier paragraphe, j'ajoute que j'accroche difficilement à son cinéma, que je trouve certes élégant esthétiquement parlant mais peu expressif, trop déjanté et fantasque pour être efficace.

« Chat noir, chat blanc » en est la preuve parfaite : rien n'est pris au sérieux, tout fout le camp, la musique abonde dans tous les sens, les personnages boivent, fument n'importe quoi...L'histoire (déjà complètement dingue, voir le résumé) en devient peu compréhensible, car obstruée par de longues scènes sans intérêt majeur, sinon mettre du folklore et de l'ambiance. De ce côté-là, c'est réussi : les fêtes gitanes donnent envie de se lever au milieu de la salle et taper le siège devant soi, et les héros portent tous en eux une bonne dose de folie.

Le grand Emir l'a toujours dit : il préfère aveugler la réalité (mais elle reste omniprésente) par une touche de poésie et de fantaisie qui lui est propre, pour révéler en nous la part de déraison qui sommeille. Il veut tirer du réel parfois dur (la guerre, dans « Underground ») des sources d'humour, alors forcément ravageur et irrésistible. Cela n'empêche que même si j'admire le talent et le style de Kusturica, ce film m'a un peu ennuyé malgré l'action soutenue. Inoubliable néanmoins : l'homme pendu au passage à niveau, hommage au facteur de « Jour de fête », de Tati.

Un clair grain de folie, une obsession à mélanger références diverses et burlesque moderne : Kusturica est un personnage à part. Mais « Chat noir, chat blanc » est son film le plus commercial, et il souffre de son scénario alambiqué. De belles prestations d'acteurs, de jolies scènes...il filme l'amour comme Wilde l'écrit. Seuls les amateurs du bonhomme seront conquis.

Critique de Cyril

La note: 11 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film ?

Filmographie (extrait) Emir Kusturica:

1981 – Te souviens-tu de Dolly Bell ?
1985 – Papa est en voyage d'affaires (Palme d'Or)
1995 – Underground (Palme d'Or)
2004 – La Vie est un miracle (Compétition à Cannes)

2005 – Président du jury du Festival de Cannes

# Posté le samedi 03 février 2007 06:45

Modifié le dimanche 01 juin 2008 16:38

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