Réalisé par Edward Zwick - 2007 - USA - Couleur - 2heures 22minutes
Avec Djimon Hounsou, Jennifer Connelly, Leonardo DiCaprio...
- 12 ans
Résumé: Solomon Vandy (Djimon Hounsou) voit son village pillé et ruiné par les forces armées du R.U.F (Revolutionary United Front, F.R.U dans la version française). Il parvient toutefois à sauver son fils Dia, sa femme et sa fille. Danny Archer (Leonardo DiCaprio), quant à lui, est un aventurier ex-enfant soldat intéressé par un diamant de la taille d'un oeuf, que Solomon a caché lorsqu'il travaillait dans des mines. Désormais, ils sont liés: pour retrouver le diamant, Danny a besoin de Solomon, de même que Solomon a besoin de Danny pour retrouver sa famille. Toutefois, la guerre civile est déclarée en Sierra Leone: les étrangers sont invités à quitter le pays...
Critique: troisième "grand" film d'Edward Zwick (après "Légendes d'automne" et "Le Dernier Samouraï"), "Blood Diamond" a fait sensation lors de sa sortie aux Etats-Unis, en glanant trois ou quatre nominations aux Oscars et en provoquant la polémique.
Il est des films marquants. D'autres, moins, qui ne laissent qu'une empreinte fugace dans l'esprit. Blood Diamond est de ceux que, si vus en salle, l'on a peine à oublier. Cinq minutes, juste cinq minutes pour mettre les bases en place, s'il vous plaît. Répit non accordé: le village est attaqué par le F.R.U après deux minutes de film; fusillades, prises d'otages, tortures, incendies inhérents. Durant tout le film, l'on se trouvera dans l'attente, dans l'angoisse: un tir peut survenir à n'importe quel moment dans cette zone hostile, pourtant si belle. Jamais de pauses, de moment pour reprendre son souffle: une séquence de dialogue commence à la fin d'une fusillade, et se termine quand une autre fusillade commence.
Je parlais de polémique dans mon introduction: en effet, la firme De Beers, géant diamantaire, s'est sentie visée par les accusations du film (elle a raison: la firme mise en cause dans le film s'appelle Van De Vart, un nom pas très anodin...) et a répliqué par des campagnes de pub mentionnant que oui, les diamants qu'ils utilisent sont obtenus en total respect du processus de Kimberley (accord signé en 2003 visant au contrôle de la provenance des diamants, pour limiter le développement des mines illégales) et que non, leurs diamants ne sont pas des "diamants de sang", obtenus avec celui des malheureux enrôlés de force dans les exploitations. Blood Diamond, en plus d'être un film de guerre musclé et efficace, réussit son objectif: faire parler de lui pour son propos virulent - et nécessaire.
Je pourrais continuer longtemps, à vous parler de l'autre problème soulevé par le film (les enfants-soldats, sujet abordé furtivement dans "Lord of War"; des scènes du film sont ignobles: des enfants sont drogués, doivent tuer les yeux fermés un de leurs camarades, répéter à tue-tête des slogans fallacieux...) ou de l'horreur de cette guerre de Sierra Leone décrite avec insistance dans le film. Le mieux est encore que vous vous fassiez votre propre idée sur la question, en vous rendant dans les salles. Mine de rien, retour au film: pour porter ce scénario dense, le trio d'acteurs réussit une belle performance. Zwick, que l'on ne connaissait pas si fin, affirme son caractère et signe là une oeuvre qui sent la maturité, qui se rapproche presque du film d'auteur parfois.
Blood Diamond, même s'il n'en reste pas moins un blockbuster - de plus très ancré dans la mode actuelle des films sur l'Afrique -, m'a (sentiment personnel) mis au tapis. Une bonne claque dans la face: vous quitterez le cinéma avec le bruit de la mitraille dans les oreilles et des visions d'horreur à ne plus vous en faire dormir pendant deux semaines. Edifiant. La bonne surprise de ce début d'année.
Critique de Cyril
La note: 15,5 / 20
Selon vous, quelle note mérite le film?
