Réalisé par Maurice Pialat – 1983 – France – Couleur – 1heure 42minutes – César du meilleur film 1983 et Prix Louis-Delluc du meilleur film français 1983
Avec Sandrine Bonnaire, Dominique Besnehard, Maurice Pialat, Evelyne Ker...
Citation du film: « Tu es mariée ? » « Un petit peu. »
Résumé: Suzanne (Sandrine Bonnaire) a 15 ans. Elle aime Luc, avec qui elle n'ose faire l'amour. Mais elle couche avec tous les autres garçons. Dans sa famille, elle étouffe entre sa mère hystérique (Evelyne Ker) et son frère sadique et violent (Dominique Besnehard). Elle n'a d'affection qu'avec son père (Maurice Pialat), mais celui-ci décide de quitter le foyer. Suzanne sera alors mise en pension, où elle épousera le premier garçon sympathique...
Critique: tenu comme le chef d'œuvre de Pialat, « A nos amours » révéla Sandrine Bonnaire au grand public, et consacra son metteur en scène en Grand du septième art. C'est aussi le long-métrage se rapprochant le plus de son style et de ses obsessions habituelles.
Suzanne, jeune fille sauvage dans l'âme et très volage, sèche les cours et passe ses journées à coucher avec les garçons. Perdue dans ses pensées, elle lit beaucoup (ce qui sème encore plus la confusion dans son esprit) et tente de se sauver avec l'amour. Sentiment auquel elle ne connaît rien, et sur lequel elle va violemment se heurter. Le film raconte cette histoire de manière crue et brute, à l'habitude de Pialat: ici, la violence verbale et physique est la conséquence d'un rejet de l'amour, familial cette fois.
Les rapports familiaux, quoique très exagérés, sont source de conflit permanent. Seul refuge : le père, interprété par Pialat en personne, qui viendra se venger (ainsi que sa fille protégée) à la fin. Mais tout n'est pas si simple, car chaque personnage s'avère totalement imprévisible, et l'improvisation quasi-totale des dialogues y est pour beaucoup. Un parfum criant de naturel et de vérité renforce cet étouffant « piège sentimental » dans lequel l'héroïne est tombée.
De crises d'hystérie en séances de claques, un climat hostile s'est installé dans la famille, mais toujours « par amour ». Comme quoi l'amour est au centre du film. Enfin, l'interprétation parfaite et la musique de Klaus Nomi (au début et à la fin) ajoutent encore à la réussite de « A nos amours », carrefour des tourments et obsessions à la tension extrême et au dénouement incertain (cette fuite en Amérique est ambiguë). C'est ce qu'on peut qualifier de « film réaliste », sorte de Nouvelle Vague version 2.
Ce serait toutefois insulter Pialat : il n'est pas un Truffaut ou un Chabrol en retard, juste un réactionnaire se voulant peintre de son temps, prêt à repousser loin règles et limites. « A nos amours » en est la preuve : il ne respecte rien, ni cadrages ni scénario, et sonne vrai, désespérément vrai.
Critique de Cyril
La note: 18,5 / 20
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Filmographie (complète) Maurice Pialat :
1969 - L'enfance nue
1972 - Nous ne vieillirons pas ensemble
1974 - La Gueule ouverte
1978 - Passe ton bac d'abord
1980 - Loulou
1983 - A nos amours
1985 - Police
1987 - Sous le soleil de Satan
1991 - Van Gogh
1995 - Le Garçu
