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Le bon, la brute et le truand (Sergio Leone)

Le bon, la brute et le truand (Sergio Leone)
Le bon, la brute et le truand (Titre original: Il buono, il brutto e il cattivo)

Réalisé par Sergio Leone - 1966 - Italie - Couleur - 2heures 41minutes

Avec Clint Eastwood, Lee Van Cleef, Eli Wallach...

Citation du film: "Ta tête vaut deux mille dollars." "Oui, mais toi, tu n'as pas la tête de celui qui les empochera."

- 12 ans


Résumé: en pleine guerre de Sécession, le bon (Clint Eastwood), la brute (Lee Van Cleef) et le truand (Eli Wallach) ne sont pas là pour aider les armées: ils cherchent chacun de leur côté un trésor. Mais celui est bien caché, et chacun connaît une information qu'aucun ne veut risquer de dévoiler. Ils se résignent donc à aller sur le lieu ensemble...


Critique: dernière partie de la trilogie western-spaghetti de Leone, débutée avec "Pour une poignée de dollars" et poursuivie avec "...Et pour quelques dollars de plus". Toujours avec les deux principaux acteurs du film précédent (Clint Eastwood et le génialissime Lee Van Cleef), "Le bon, la brute et le truand" touche du bout des doigts la perfection en matière de western.

Milieu des années 60. Certains cinéastes italiens (Lombardi, Lupino, Zucchera et Leone) veulent du renouveau et mettre un terme à la domination américaine du septième art. Comment? En s'attaquant à leur genre de prédilection, qui s'impose de lui-même: le western. Au départ typiquement ricain (si un mexicain ou un canadien venait à en réaliser un: malheur!), il raconte la seule Histoire de ce jeune pays qu'est les USA: la guerre de Sécession, puis le Far West et la Ruée vers l'Or. Autant de thèmes qui nourrissent le genre (on dénombre quand même plus de 5000 westerns) et l'imagination du regretté Sergio.

Dommage qu'il se soit envolé, car il était bon, très bon. Un des seuls en tout cas à associer humour et violence avec autant d'élégance, de savoir-faire. Déjà souvent gratuite, cette dernière devient matière à rire (les fausses pendaisons que mettent au point le bon et le truand). Ainsi, on apprécie sereinement le spectacle, sûr de ne pas se heurter à de mauvais sentiments, à de la haine profonde: ce sont juste de pauvres brigands attirés par le gain, pas d'ignobles mercenaires assoiffés de vengeance.

En plus de révolutionner le western, il le fait bien: esthétiquement, on peut difficilement reprocher quoi que ce soit au film. Rien n'est bâclé, tout a été réglé avec une précision d'orfèvre pour faire de "Le bon..." une opérette visuelle ("Il était une fois dans l'Ouest", sans humour, est donc un opéra visuel), un divertissement haut de gamme qui plaît aux plus jeunes (pas trop quand même) comme aux plus grands.

Les acteurs, géniaux eux aussi: Clint, désormais fétiche de Leone, assume son rôle du bon avec sérénité, classe, et sobriété. Regards perçants, mimiques faciales, il semble n'avoir jamais peur, pire, n'exprimer aucune émotion: il est glacial, donc il fait peur (un peu comme Zidane après son coup de boule). C'est du grand Eastwood - sûrement son plus grand rôle, avec peut-être "Pale Rider" - mais je préfère encore à ce monstre sacré le très talentueux Lee Van Cleef, à la gueule de brigand, aux sourcils inquiétants (regardez une photo de lui, je vous assure) et au charisme sans limites. Triste est de constater que sa carrière au cinéma se limita à quelques misérables westerns.

Enfin, le scénario, dont les mérites sont vantés encore aujourd'hui par les plus grands critiques, apporte là aussi un grand renouveau: les lourdeurs typiques des westerns sont abolies, les clichés accentués (ils en deviennent donc risibles) et les répliques cultes abondent: "Quand on doit tirer, on discute pas...". Et quelle maîtrise de la part de Leone, racontant ici avec maestria une histoire banale, qui devant sa caméra devient deux heures trois-quarts de pur bonheur et un film culte.

Les plus jeunes seront néanmoins choqués par certaines scènes un peu crues et par le continuel jeu avec la mort (duels, pendaisons, trahisons...). Les autres, amateurs de westerns ou non, passeront normalement un bon moment, conscients de se trouver face à un morceau d'anthologie.

Critique de Cyril

La note: 18 / 20

Selon vous, quelle note mérite le film?

Filmographie (extrait) Sergio Leone :

1960 - Le Colosse de Rhodes
1965 - ...et pour quelques dollars de plus
1968 - Il était une fois dans l'Ouest
1970 - Il était une fois la Révolution
1984 - Il était une fois en Amérique
# Posté le mercredi 28 mars 2007 15:04
Modifié le dimanche 01 juin 2008 13:08

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